Du nouveau pour les exclus

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C’est dans l’urgence que les proviseurs des lycées, technicums et les directeurs de collèges de la wilaya ont été convoqués par leur tutelle, pour une réunion de travail, mardi passé, premier jour de Ramadhan au technicum Ihaddaden de Bgayet. L’ordre du jour de cette convocation, qui n’a pas été reçue par tout le monde, consiste dans le repêchage des collégiens exclus de la 9e année fondamentale et des lycéens écartés de la 3e année secondaire. De nouvelles mesures ont été prises par le ministère de l’Education nationale, en faveur de deux catégories d’élèves exclus des collèges et deux autres similaires dans les lycées et technicums, les directeurs des collèges sont, désormais, tenus de réinscrire obligatoirement les élèves exclus de la 9e année fondamentale et qui n’ont pas 16 ans révolus, au mois de septembre 2005 et de récupérer tous ceux qui ont obtenu une moyenne annuelle égale ou supérieure à 9 sur 20, quel que soit leur âge.Dans les lycées, cette récupération concerne les élèves de tout âge qui n’ont jamais redoublé dans le palier secondaire et tous ceux qui ont échoué au bac alors que leur moyenne annuelle dépasse 9 sur 20.Dans les collèges, la première catégorie visée par cette mesure est composée d’élèves nés entre le 1er septembre et le 31 décembre 1989, voire en 1990, alors que la seconde réunit tous les enfants nés dans les 8 premiers mois de l’année 1989 et les plus âgés ensuite, du moment que leurs moyennes annuelles se situent entre 9 et 10.“Le redoublement est devenu une préoccupation ministérielle à cause de la faiblesse des résultats de la fin d’année scolaire 2004/2005. Il faut reprendre les exclus en appliquant la circulaire ministérielle 402 datée du 2 octobre à la lettre”, a affirmé M. Mokhtar Mélaïs, directeur de l’éducation de la wilaya.Il faudra donc confectionner de nouvelles cartes scolaires, pour de nombreux établissements où de nouvelles divisions devront être ouvertes. Le service de l’organisation pédagogique sera mobilisé durant une semaine, pour cette tâche qui remettra en cause la rentrée scolaire, par le chamboulement des emplois du temps et redéfinira la répartition des classes pour les professeurs dans de multiples CEM qui n’avaient réellement pas besoin de ce nouveau flux, venu à contretemps s’ajouter à l’arrivée des élèves ayant réussi leur 2e session de l’entrée en 1re année moyenne qui ont déjà gonflé les effectifs.“Dans les lycées qui croulent sous le surnombre à cause de la génération du boycott, cette décision de dernière minute portera les effectifs à près de 50 élèves par classe, ce qui contraindra la DE à l’ouverture de nouvelles divisions pédagogiques au moment où celles qui existent ne trouvent pas de professeurs un mois après la rentrée scolaire. Il faudra également rouvrir des filières éteintes ou inscrire des exclus dans les filières qui ne sont pas les leurs. La course au résultat créée des situations inégalables où les bons élèves paieront pour les mauvais qui n’ont rien à perdre. Quel résultat pouvons-nous attendre de classes de 45 élèves, voire plus”, fulmine un proviseur pressé de partir en retraite.Comme pour répondre à ce souci d’encadrement, le directeur de l’éducation a donné le feu vert au recrutement de suppléants pour postes vacants dans le respect de la concordance des diplômes avec les filières concernées. Il faut signaler que de nombreux établissements tournent à ce jour avec des effectifs de professeur restreints, dans l’attente des résultats du concours de recrutement de 170 professeurs certifiés. La suppléance n’est pas toujours garantie à cause de la rareté de certaines licences d’enseignement telles celles de langue française, de mathématiques, voire d’histoire-géographie.

Hassan Sadek

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