Ighil N’Djiber Construite dans une cuvette et à proximité d’un oued – Une école à vau-l’eau

L’école primaire d’Agouni du village Ighil N’Djiber dans la commune de Seddouk, située en milieu rural et en haute montagne vit toutes les formes de privation qui a fait naître chez les enseignants un sentiment de frustration. Faute d’un manque flagrant de moyens de base nécessaires au bon fonctionnement d’une école qui participe à la formation de l’homme de demain, Kamel, un enseignant de cette structure que nous avons rencontré sur place, sans se faire prier parle avec révolte de ce que les élèves et les enseignants de cette enclave du savoir endurent. «L’école primaire d’Agouni est construite dans une cuvette et à proximité d’un oued. Avec les torrents hivernaux qui la menacent, au lieu que les salles soient construites en surélévation du sol pour qu’elles échappent aux inondations, elles sont érigées en soubassement à quelque 1. 5 mètres en dessous du niveau de la route. Donc, il fallait construire un mur de soutènement sur une longueur de 30 mètres avec un espace de 30 centimètres séparant le talus des salles de cours pour éviter l’humidité sur les façades intérieures. Ce mur qui a été réalisé avec seulement des briques, sans chaînage ni béton, n’a pas résisté longtemps. Le travail bâclé se solde toujours par des conséquences parfois fâcheuses. Depuis l’année 2008, ce mur s’est incliné et repose sur la façade extérieure des salles de cours dont la partie haute est arrêtée par les grilles de protection des fenêtres. Résultat : cette inclinaison donne une image hideuse de notre école et tous les passants s’interrogent pourquoi une telle négligence, alors que cet état peut même entraîner l’inclinaison et jusqu’à l’effondrement du mur de la salle, ce qui n’est d’ailleurs qu’une question de temps. Pis que ça, la salle où j’enseigne manque de lumière et d’aération et je suis condamné à ne pas ouvrir la fenêtre de crainte des tombées des débris dans la salle et sur les têtes des écoliers», a-t-il déclaré. Il ajoute que l’école est ouverte en 1999 et cela fait presque 13 ans qu’ils réclament une cantine pour les enfants qui viennent des villages éloignés et qui se contentent de repas froids. Il y a quatre ou cinq ans, une grève a été observée pour la réalisation d’une cantine promise à l’ouverture de l’école. L’APC a dépêché ses services techniques qui ont prospecté un terrain situé dans l’enceinte de l’établissement et depuis, le projet est renvoyé aux calendes grecques. «Notre école primaire est certainement le seul établissement scolaire qui ne possède pas une enseigne pourtant indispensable. Nous faisons de la double vacation et l’on a appris que trois classes supplémentaires ont été accordées à notre école, mais l’information reste au stade de la rumeur. Enfin, l’école est dotée de poêles à mazout anciens et vétustes, et à l’intérieur des salles de cours à grandes superficies, même allumées, ils ne chauffent pas et les élèves comme les enseignants grelottent de froid», conclut-il, peiné devant un tel laisser-aller.

L. Beddar