Prof d’éducation physique ou agent de sécurité ?

Parfois, on se sent quelque peu lésé et marginalisé par les caméras qui débusquent par-ci par-là des scènes et des images insolites. Nos villes et villages les plus reculés regorgent de ces scènes qui n’ont rien à envier à celles qu’on nous montre venues d’ailleurs. Au CEM Aït Hidja II, le seul et l’unique professeur de sport, en plus de son devoir d’enseigner les techniques sportives aux douze classes que compte le CEM, doit faire office d’agent de sécurité. En effet, la clôture banale (grillage) qui sépare la cour de l’école, où les élèves sont tenus de pratiquer l’éducation physique, et la rue, qui est loin d’être imperméable aux regards et supputations, parfois exagérées de quelques oisifs habitués. Ledit professeur, au lieu de se consacrer pleinement à sa séance, est contraint de livrer bataille verbale, quelquefois physique, à certains énergumènes dont la présence dérange particulièrement les filles, en train de s’adonner à leur pratique sportive. Certaines d’entre elles vont jusqu’à présenter des certificats médicaux d’inaptitude pour rester sur le banc de touche, rien que pour éviter les regards dédaigneux et les propos provocateurs de ces pseudo-passants. Doit-on alors pousser cet enseignant à commettre l’irréparable ?

Salem Amrane