La commune d’Assi Youcef, au même titre que sa voisine d’Ait Bouadou, est l’une des moins nanties en terrains relevant du domaine public, puisque toutes les parcelles existantes sont des propriétés privées.
Le lycée réalisé au profit de la commune de Assi Youcef est peut-être le plus cher d’Algérie, cette révélation de l’actuel chef de daïra de Boghni, lors du dernier conseil de wilaya consacré à sa conscription administrative, illustre bien la difficulté à mener une politique de développement dans une commune où le manque d’assiettes foncières représente un vrai handicap pour des projets à lancer. Cet état de fait a toujours été le premier facteur de freinage du développement notamment dans la réalisation d’infrastructures publiques et de l’habitat, car dans ce dernier secteur les projets sont quasiment nuls à l’exception de l’implantation d’une dizaine de logements au chef-lieu de la commune. En effet, il est pratiquement impossible de retenir un projet qui a trait au bâtiment sans passer par la procédure d’expropriation, avec son lot de problèmes lorsque l’autorité se met à solliciter une famille pour lui céder une parcelle de terrain pour construire dans le cadre des fonds accordés aux collectivités locales, qui en profite à d’autres municipalités. D’un autre coté même si les propriétaires s’accordent à aider leur commune en acceptant de vendre leurs terrains au prix fixé par les domaines, il semblerait que les évaluations faites sont en deçà de leur valeur. On peut ajouter, aussi, le fait que l’autorité publique, sous entendant la wilaya, n’aide pas beaucoup les communes lorsque elles décident d’acheter un terrain destiné à la mise en œuvre d’une infrastructure. Et s’il arrive qu’une expropriation soit engagée, des lenteurs des procédures administratives dues aux retards, notamment des modalités de payement des personnes à indemniser, engendre souvent des contentieux difficiles à régler et par conséquent des retards dans l’exécution des programmes de développement. En somme, dans la daïra de Boghni, la commune d’Assi Youcef, en dépit de la dynamique insufflée par l’exécutif communal au développement local avec le règlement du problème de l’eau, l’arrivée du gaz de ville et la réalisation d’infrastructures scolaires, reste la plus dépourvue en infrastructures publiques, non pas parce que elle n’a pas bénéficié de programmes dans ce sens, mais à cause du manque d’assiettes foncières mises à la disposition de la commune.
M. Haddadi

