Les habitants attendent leur relogement

Partager

Les habitants du bidonville Madani Saleh, dans la commune d’Aïn Laloui, relevant de la daïra d’Aïn Bessem à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Bouira, attendent depuis prés de trente ans leur relogement. A cet effet, des logements plus décents et plus confortables, ont été réalisés mais les autorités locales tardent toujours à les distribuer. Ces 20 logements sociaux sont, à l’origine, destinés essentiellement pour l’éradication de l’habitat précaire dans la localité. Ces 20 unités ont été achevées depuis plus de cinq mois. En effet, prés de cinquante familles vivent dans des conditions précaires, privés des moindres commodités et c’est le moins que l’on puisse dire… gaz de ville inexistant, aucun raccordement aux réseaux d’AEP et celui de l’électrification, sans parler de l’état des routes, qui sont impraticables : «J’habite ici depuis la fin des années 80, nous vivons toujours sous les mêmes conditions, on n’a même pas d’électricité ! C’est nos voisins du quartier d’en face, qui nous alimentent avec leurs compteurs», nous avouera Mohamed, l’un des habitants de ce bidonville. Par ailleurs, ces derniers sont quotidiennement exposés aux risques des infections en tout genre, et ce, à cause de leur proximité de la décharge publique et à la multiplication de fosses septiques, qui sont obstruées à longueur d’année. Autre ‘’fléau‘’ qui menace la population, la prolifération des rats et des chiens errants, notamment, en été. Ces conditions de vie misérables ont poussé les habitants à se révolter en fermant la R.N 18 ainsi que le siège de l’APC de Aïn Laloui à plusieurs reprises pour réclamer l’amélioration de leur cadre de vie en attendant leur relogement. Cette grogne populaire, a fait réagir les responsables locaux. Ces derniers se sont engagés auprès des habitants de ce quartier, à prendre en charge toutes leurs doléances. Cependant et à ce jour, aucune promesse n’a été concrétisée sur terrain. A signaler que la majeure partie des pères de familles de ce quartier, ne sont que des modestes ouvriers, alors que d’autres, sont des chômeurs chroniques. A ce sujet, un ex-chômeur de ce bidon bidonville révélera : «A l’époque où je ne travaillais pas, mon fils de 14 ans a dû abandonner l’école, pour travailler au marché. Il a sacrifié ses études pour m’aider dans les frais de mes six autres enfants, tous scolarisés». Enfin, il est utile de préciser qu’une partie des familles résidantes dans d’autres bidonvilles de cette localité ont bénéficié de nouveaux logements il ya un peu plus d’une année, ainsi les familles restantes et notamment celles de la cité Madani Saleh, gardent toujours l’espoir d’être rapidement relogées.

Oussama K.

Partager