Tout Au long de l’année scolaire, spécialement durant les vacances d’hiver, la majorité des parents d’élèves de la localité de Aïn Bessem ont tendance à inscrire leurs enfants à des cours de soutien payants, donnés majoritairement par des enseignants. Parfois ils confient leurs enfants à des diplômés en chômage sans aucune expérience, à l’intérieur de leurs maisons et il arrive que des cours soient assurés à l’intérieur de locaux commerciaux, malgré l’interdiction formelle du ministère de l’éducation. Cette mode de cours de soutien s’est vite répandue dans toutes les communes que compte la daïra de Aïn Bessem. Ils sont disponibles pour tous les niveaux et tous les cycles, du primaire jusqu’au lycée, comme l’indiquent des affiches placardées un peu partout au centre-ville, alors que les élèves qui passeront leurs examens de sixième année, ceux du BEM ou bien ceux du BAC, restent les plus intéressés par ses cours. Les élèves essayent de compenser leurs déficits et manques dans certaines matières principales, tel que les mathématiques, les sciences et les lettres, mais aussi les langues étrangères le français et l’anglais. Deux langues étrangères dont les résultats au niveau de tous les établissements de cette localité sont alarmants, voire même désastreux. Alors que le ministère de l’éducation avait interdit formellement ce genre de cours payants à l’intérieur des établissements scolaires depuis l’année 2000, il existe des cours de soutien encadrés par les responsables pédagogiques. Ces derniers sont facultatifs et totalement gratuits pour les élèves et à l’intérieur des établissements scolaires. Cependant, des enseignants continuent à exercer ce genre de commerce informel, car rentable et même enrichissant pour certains d’eux. A l’intérieur de leurs foyers familiaux, dans des locaux commerciaux ou simplement dans des garages loués pour cette occasion. Ces lieux n’offrent aucun confort pour les élèves. Ces derniers évoluent dans le froid et à l’étroit, sans aucun moyen pédagogique. Des conditions tout simplement anti pédagogiques et lamentables. Pour leur part, les parents d’élèves préfèrent payer une moyenne de 800 DA par mois, pour s’assurer de la réussite de leurs fils, alors que généralement le résultat est connu d’avance. Pire encore, certains parents d’élèves, nous ont confirmé que quelques enseignants obligent leurs élèves à s’inscrire à leurs cours de soutien. «Il est vrai que je ferais tout pour voir mon fils réussir, quitte à payer comme je le fais maintenant, mais ce qui est désolant c’est de voir des enseignants pousser nos gamins à s’inscrire à leur cours payants, faute de quoi, ils feront subir des punitions de tout genres a nos enfants», se désole Rachid, un jeune parent d’un élève inscrit en cours de soutien. Ainsi ces cours payants sont devenus au fil du temps, une obligation pour les parents d’élèves. Aussi, par manque d’étique pédagogique, certains enseignants profitent de l’ambition des parents, de voir la réussite de leurs progénitures aux différents examens et se transforment en de véritables marchands de savoirs, pour s’enrichir sur le dos de leurs élèves. Selon des enseignants, c’est un effort de plus alors il doit être rémunéré mais pourquoi ne pas faire ce même effort à l’intérieur des classes ?
Oussama K.
