Après avoir gratifié le public de Tamanrasset d’un beau gala, Takfarinas a bien voulu rencontrer la presse qui le sollicitait depuis son arrivée dans l’Ahaggar. Dans cet entretien express, il avoue que ses promesses de se produire devant ses fans
en Algérie sont toujours d’actualité lui qui rêve de retrouver la scène locale.
La Dépêche de Kabylie : Vingt ans après, vous retrouvez le public algérien, quel en est votre sentiment ?
Takfarinas : Je ne trouve pas les mots pour décrire mon sentiment. C’est tellement magnifique qu’il m’est difficile de m’exprimer. Imaginez un peu, notre Sahara, des gens accueillants et des retrouvailles de cette ampleur…Et, à tout ce décor, s’ajoute l’amazighité qui nous accueille à bras ouverts.
Votre venue à Tamanrasset constitue-t-elle un prélude à un retour sur la scène nationale ?
Si Dieu le veut, bien sûr ! J’ai hâte de me produire en Algérie. Cela fait dix ans que j’attends ce moment. C’est depuis 2000 que j’ai été programmé avec beaucoup d’autres artistes, mais ça n’a pas abouti pour des raisons que j’ignore. Personne ne m’a dit de ne pas venir, mais ce que je veux, c’est me produire dans des conditions favorables. Vous voyez, aujourd’hui, on a fait deux heures de retard et on a même fait la balance. J’allais annuler le spectacle, mais en concertation avec les musiciens, on a décidé de se
produire.
Des fans se sont déplacés depuis les villes du nord, surtout de Kabylie, rien que pour vous voir, pouviez-vous vraiment annuler … ?
Justement, je ne peux pas leur faire ce coup. C’est impossible. Quoiqu’il en soit, ça s’est très bien passé. Et je souhaite, et je m’y suis engagé faire une tournée en Algérie.
Après Tamanrasset, vous avez un spectacle, à l’occasion de Yennayer, au Zénith…
Oui, effectivement, je serai au Zénith le 8 janvier, à l’occasion de Yennayer. Nous sommes en train de préparer cela. Je sais pertinemment que ça sera magnifique, comme d’habitude.
Un mot sur vos derniers albums…?
C’était un travail très bien fait. C’est réconfortant pour moi. J’en ai eu des échos très satisfaisants.
Et le public…?
Des gens très bien éduqués. Ils savent partager les moments de joie. Je les remercie du fond du cœur. C’est pour ces raisons que je me suis rapproché d’eux. Le public est ma raison d’être et je ferai tout pour le satisfaire.
Dites-nous, quelles seraient vos exigences pour vous produire en Algérie?
Du matériel, pas plus que ça. Par exemple, si vous invitiez le meilleur joueur de foot du monde et vous lui offrez des conditions déplorables, il ne donnera rien sur le terrain. C’est de même pour les artistes. Cela fait trente années que je suis artiste et je ne suis jamais monté sur scène en prenant les balances, je l’ai fait aujourd’hui à cause du matériel. On ne demande que du matériel. Vous savez, 60% de mes musiciens sont des Algériens établis en Europe où ils sont en train de s’imposer. L’un deux joue même avec Prince. Il était déjà venu avec moi voir différents stades en Algérie pour une tournée, comme Bouira, Alger, Tizi-Ouzou… Si je viens, c’est pour donner quelque chose de magnifique à mon public et à moi-même.
Propos recueillis par M. M.

