Si pendant les longues nuits du Ramadhan, les uns préfèrent s’adonner à leur passe- temps favoris, et d’ailleurs, l’unique que l’on puisse trouver durant le mois sacré, c’est-à-dire les incontournables parties de loto. Pour les autres la monotonie est au rendez-vous des veillées ramadanesques. Hormis les cafés maures qui affichent « complet » jusqu’à une heure très avancée de la nuit, pour ne pas dire jusqu’au petit matin, la salle polyvalente et autres établissements sensés divertir le grand public sont totalement absents dans la commune. Devant cette absence pour le moins remarquée, les citoyens de la région d’Aghbalou, néanmoins les plus nantis, se dirigent vers d’autres localités où les loisirs et divertissements sont riches et variés. Pourtant la salle polyvalente de la commune, réalisée à coups de millions de dinars se prête plutôt bien pour les activités culturelles, mais les Ronds-de-cuir de la municipalité ne semblent pas vraiment être branchés sur le volet culturel. « Si les autorités compétentes avaient pris la chose au sérieux, nous ne serions pas ici à écouter les concerts de chacals et de hiboux qui se relaient à tour de rôle pour nous divertir et qui envahissent les alentours du village chaque nuit », révèle un jeune chômeur, exaspéré par ce qu’il qualifie de gabegie de la part des responsables de la commune. Ainsi, durant toute l’année et particulièrement durant le mois de Ramadhan, la culture jeûne, dans une région où, à défaut de pouvoir se divertir, le marasme et la monotonie s’installent quotidiennement un peu plus.
