Une région qui constituait jadis, l’une des plus belles contrées de la Kabylie de par ses reliefs magnifiques. En fait, la circonscription se situe au sud de la wilaya de Tizi Ouzou située entre les daïras de Boghni au sud, Ouadhias au sud-est, Béni Douala à l’est, Draâ El Mizan au sud-ouest et à l’ouest. Composée environ de 50 000 habitants, Maâtkas compte à peu près 60 villages, les uns perchés sur de belles collines tandis que d’autres sont mitoyens des cours d’eau. Du village Adjaba, l’un des plus beaux d’ailleurs, on pourrait aisément voir la mer. En fait, la grande bleue apparaît quand la visibilité est nette, « on distingue même les bateaux ! », arbore un villageois. Du côté du CW128, à proximité de l’oued, d’autres villages vivent en harmonie nonobstant le dénouement et la précarité qu’ils endurent. A Takhribt, à Ighil Takdibine ou encore à Tadjdiout, nous retrouvons des familles qui activent la terre, qui travaillent dans le petit ou le grand élevage des animaux, nous retrouvons également des fonctionnaires exerçant dans la santé, l’éducation, l’administration et à l’instar de tous les villages kabyles, ceux de Maâtkas ont également leur communauté émigrée établie très souvent dans l’hexagone. En somme, tout semble baigner dans l’huile dans ces contrées et ce, malgré un peu ce retard dans le développement local enregistré particulièrement durant la décennie noire. Il mérite peut-être de rappeler que la région de Maâtkas a payé d’un lourd tribut pour sa résistance contre la barbarie terroriste. Elle fut, soutient-on, l’une des premières régions à organiser la résistance contre les islamistes armés qui écumaient les maquis d’El Maj au sud, de Boumahni à l’ouest et d’amjoudh au nord. La daïra comptait, en fait, des centaines de GLD et des dizaines de patriotes.
L’oléiculture ou la culture vénérée
Il y a quelques années, la daïra de Maâtkas fournissait à Tizi Ouzou presque un tiers de la production globale de la wilaya. Elle était classée en tête durant de longues années en matière donc de production et de productivité oléicoles. La trentaine d’huileries que compte la circonscription peuvent amplement en apporter l’argument, surtout que celles-ci produisent de loin la meilleure huile. Aujourd’hui, Maâtkas se situe loin derrière les daïras de Mekla et des Ouadhias, respectivement première et seconde, notre daïra s’est contentée de la troisième position. Les raisons sont évidentes. Il y a d’abord ces incendies dont la localité subit, croit-on une sorte de malédiction. En effet, il ne se passe pas une saison estivale où l’on n’enregistre pas d’incendies qui ravagent les oliveraies. « Ce sont généralement des incendies d’origine criminelle », soupçonne un paysan, qui s’interroge : « Même jadis, il y en avait de ces incendies, mais jamais ils n’atteignaient une telle ampleur et une telle périodicité ! ». D’autres avancent le contraire, surtout les fonctionnaires qui réagissent : « Aujourd’hui, avec l’installation des bureaux communaux de prévention et de lutte contre les incendies où des fonctionnaires assurent une permanence tout au long de la saison estivale une nette régression de foyers a été comptabilisée et les rapides interventions des éléments de la Protection civile ont évité de réelles calamités environnementales ! ». Ou encore : « Les pompiers sont avisés à quelques minutes après la déclaration d’un incendie, nous avons veillé au grain et nous avons énormément contribué à limiter les dégâts ». En somme, la prise de conscience des pouvoirs publics en plus de la vigilance citoyenne ont grandement inhibé les pulsions criminelles des pyromanes et atténué les risques d’incendies d’origines accidentelles de par l’absence de la prévention et de sensibilisation. S’agissant de la pollution, celle-ci est incontestable à l’instar de toutes les localités de la Kabylie. En effet, l’unique décharge inter-communale sise au lieu dit « Ighil Oumenchar » est pleine à craquer, en plus de sa gestion par trop inappropriée. En fait, de prime abord, son emplacement au milieu de vastes oliveraies à proximité en sus d’un chemin de grande circulation(CW147) ne font guère l’unanimité. Les riverains ne cessent d’ailleurs de crier à l’injustice. « Des incendies se sont déclarées depuis cette décharge anarchique et ont ravagé nos oliviers ». Pis, même les détritus provenant des communes avoisinantes telles que Mechtras, Béni Zmenzer, Tizi N’thelata sont déposés alors que le dépotoir est saturé. Concernant, les petites décharges, celles-ci sont implantées aussi d’une façon anarchique. « Heureusement que la commune vient d’acquérir un camion et un tracteur pour le ramassage d’ordures », dira un commerçant du chef-lieu. En tout cas, il y aura du pain sur la planche pour la future APC quand il s’agirait de gérer ce dossier très délicat. Concernant les eaux usées, une bonne partie des villageois ne disposent toujours pas de réseau d’assainissement. Les autorités locales sont incapables sur le plan financier de faire face à toutes ces innombrables sollicitations sachant pertinemment que les PCD et les PSD ne suffisent plus à satisfaire tout le monde. « Nous étions contraint de procéder à la réalisation de fosses sceptiques biodégradables par nos propres moyens », dira un villageois de Bouhamdain qui enchaîne : « En plus, c’est une option beaucoup plus écologique car nos eaux usées ne polluent pas nos cours d’eau et nos oueds ». En fait, ce citoyen qui a vécu de longues années au sud de la France, s’est inspiré précisément d’un village des Bouches de Rhône où c’est interdit de réaliser des réseaux d’assainissement. « Chaque ménage a construit sa fosse avec une assistance financière de la municipalité. Une municipalité gérée, en fait, par les Verts ! »Ainsi, c’est là une excellente option si les collectivités locales assistent les ménages pour cette perspective car il y va de la préservation de notre flore et faune, plus particulièrement cette dernière qui se meurt dans une indifférence totale. « Nous avons retrouvé des corps de sangliers, chacals et même des oiseaux inertes, morts en raison de toutes ces eaux usées déversées dans les oueds », dira un paysan. « Même certaines de mes fontaines sont aujourd’hui « suspectées » car leur eau pourrait être infectée ! » En fait, en plus de l’assèchement du réseau hydrographique dû essentiellement à la sécheresse, celui-ci pourrait aussi être pollué par certains endroits. En somme, mettre en place une politique environnementale par les pouvoirs publics à même de préserver un tant soit peu toute cette région paradisiaque est impératif. Mais cela reste au demeurant insuffisant si une prise de conscience citoyenne n’accompagnerait pas les autorités pour protéger cette Dame nature qu’on ne cesse de violer, hélas !
Idir Lounès
