Comme d’habitude le ramadhan cette année nous revient avec ses odeurs de gâteaux orientaux et de conserves d’olives. En visitant les marchés nous avons constaté que les prix pratiqués sont raisonnables. Les clients que nous avons interrogés ont tous presque la même réflexion : « chez nous on se saigne pour passez un bon Ramadhan », m’a dit un vieux avec un couffin plein de baguettes de pain de blé. Et d’ajouter : « quelques morceaux de viande et un peu de sucreries pour la table suffisent à donner à ce mois sacré un cachet particulier ». Ceci côté estomac, côté tête, cette année il n’y a pas beaucoup d’animation culturelle durant cette première semaine. Mais la nuit dans nos villages les lieux de distraction sont improvisés : le loto et les divers jeux aident à passer des nuits agréables en attendant le s’hour. Après les prières du soir (tarawihs) les uns se dirigent vers les cafés et les autres, surtout les plus jeunes vers la salle de projection vidéo. Enfin, il y a certains qui se rassemblent pour discuter et commenter l’actualité locale nationale et internationale : comme si, il fallait avoir un avis favorable sur chaque situation. Mais ce qui retient des villageois cette année est le retard pris pour la distribution des aides octroyées par l’Etat pendant ce mois sacré. Les plus nécessiteux attendent humblement le couffin de Ramadan pour alléger un tant soit peu les bourses déjà vidées par la rentrée scolaire. Notons enfin que l’ambiance est plus forte les week-ends que des jours de semaine à cause du froid prématuré et des horaires d’activité pour tout ce monde qui commence l’année sociale.
Y. Arab
