2re partie
Malheureusement pour le couple criminel, Massmanda a de nouveau tout entendu grâce à ses oreilles à la sensibilité de serpent. Le soir, en sortant de chez eux, Massmanda empêche son demi-frère d’enfiler le burnous, avant, prétexte-t-il qu’il ne fasse froid. Ils se rendent tout droit à l’agora (thajmaâth). Là, Massmamda enlève le burnous des mains de son frère, le jette à terre et se met à crier comme un fou. « — Azelthed a medden. Atsen ghem irrem. — Accourez bonne gens. Venez tuer le serpent ! »Tout le monde se précipite à la curée, en un clin d’œil le serpent est tué. De retour à la maison Massmanda dit à sa maman :Nengha izrem seg linnaAnechth ilath à yemma !— Nous venons de tuer un gros serpent caché on ne sait comment, dans le capuchon du burnous de mon frère !Sa mère pousse un cri et lui dit : « — Ce serpent c’était ton père mon petit ! Et, elle se met à pleurer. Les premiers moments d’émotion passés, elle lui dit :— Rouh’ aouiyi’d aqarrouyB-ava-k’Ath fragh d’ rih’a— Va, mon fils ramène-moi la tête de ton père, je vais la conserver comme souvenir, c’est tout ce qui me reste à faire ! »Massmamda s’exécute. Dès qu’il ramène la tête de son père à sa mère, elle prépare achoubadh (pâte feuilletée) et prend soin de mettre en guise de condiment, le venin du serpent dans la part réservée à son aîné. Au moment de dîner, la mère indigne ramène la pâte feuilletée et la dépose dans un grand plat (thavaqith) en prenant soin de mettre en face de chacun la part qui lui revient. En face de son aîné, elle met, le mets empoisonné. Son geste n’échappe pas à Massmamda, il lui demande de l’eau. Dès qu’elle a le dos tourné, il tourne le plat sur lui-même, et met la part empoisonnée en face de la place de sa mère. Ne se doutant de rien, dès qu’elle les invite à manger, elle se saisit de la part empoisonnée, dès qu’elle la mange, elle vomit, mais il est trop tard pour elle, le poison a agi. Prise à son propre piège, elle meurt en se contorsionnant de douleurs. Après que tout soit fini, Massmamda, touché malgré tout par la mort de ses parents, s’adresse à son frère et lui dit :— « C’est à cause de toi, c’est pour te sauver, que j’ai laissé mourir sans rien faire mon père et ma mère. Il est temps pour nous, de nous séparer. Chacun ira de son côté, mais avant de nous quitter, nous allons planter deux plants de figuiers ici. Ces plants nous permettront de nous tenir mutuellement au courant. Si un malheur arrive à l’un d’entre nous, l’autre le saura aussitôt en visitant une fois par an en été, et en regardant la couleur des feuilles. Si elles sont vertes et drues, celui qui a planté le plant est en bonne santé, si par contre elles sont étiolées et jaunies, c’est que quelques chose est arrivé à celui qui l’a planté. « Après s’être entendu, ils se quittent et partent vers des destinations inconnues. Massmamda se rend dans une contrée et trouve du travail chez un homme nanti. Il est satisfait. Après une année, il se dit qu’il est temps de se rendre dans leur vieille maison, et de voir les feuilles des figuiers plantés. Quant il arrive, il est frappé de stupeur, en voyant la couleur du figuier planté par son demi-frère. Tout a jauni, presque toutes les feuilles sont tombées, alors que le figuier qu’il a planté a verdi et est plein de fruits. Se tenant les tempes, il se dit : « — Mon frère est en danger, il faut que j’aille le trouver ! »Il selle son destrier et se met à sa recherche. Il ne tarde pas à trouver sa trace. Il est employé chez un homme avare qui a exigé de lui trois choses : »— Thamghorth » our-th âggouThah’voult our-th vedouThaqjount fellas laz’ ad’ ikfou » »Sa mère ne doit pas se fatiguer. La galette ne doit pas être entamée, la chienne doit toujours manger !Ayant besoin de travailler, il a accepté ces conditions insensées. Tous les matins, il se rend aux champs pour garder les moutons. Il porte sur son dos la vieille mémé, la chienne le suit, dans son panier, il y a une galette qu’il ne doit pas toucher, et ramener intacte l’après-midi.
(à suivre)Benrejdal Lounès
