Week-end d’émeutes à Lakhdaria

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La commune de Lakhdaria, située à 45 kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, a connu un week-end particulièrement agité. Ainsi, c’est à la suite d’un terrible accident qui a coûté la vie à un jeune adolescent de 18 ans, que les citoyens de cette municipalité ont exprimé leur colère.

En effet et d’après divers témoignages, les faits remontent à la soirée de jeudi dernier, où la victime, dénommée Allouane Mohamed, s’est électrocutée par un câble électrique qui pendouillait depuis les récentes chutes de neige qu’a connu la région. Selon un témoin, c’est vers les coups de 20h, que cet effroyable accident s’est produit : “Le défunt rentrait tranquillement chez lui, après une partie de football. En arrivant à proximité du pilonne, le garçon a pris une décharge électrique de plusieurs centaines de volts… Il a été carbonisé’’, dira ce témoin.

Et de préciser : “Ce câble a fait l’objet de nombreuses réclamations au niveau de la Sonelgaz, mais en vain ! Voilà le résultat, c’est malheureux !’’ Suite à cette mort tragique, plusieurs centaines de citoyens ont manifesté durant la journée de vendredi.

D’ailleurs, cette vague de contestation a atteint son apogée pendant l’après-midi de la même journée où le siège de Sonelgaz a été saccagé puis incendié par la foule. D’après un témoin oculaire, c’est après la prière du vendredi que la population a investi la rue, pour crier son indignation et réclamer que justice soit faite. “C’est vers les coups de 16h30 que la situation a dégénéré ! Des escarmouches ont éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre. Ces derniers ont gardé leur sang froid, en essayant de calmer les esprits, mais en vain. La colère était trop forte», soulignera notre interlocuteur. Des slogans hostiles à Sonelgaz ont été lancés “Sonelgaz katalin” (Sonelgaz meurtriers). Par ailleurs, au même moment des forces antiémeutes ont été dépêchées sur les lieux, afin d’éviter que la situation ne dérape davantage. Cependant, ce déploiement de force n’a fait qu’envenimer les choses. “Les jeunes se sentant menacés, se sont pris à l’édifice de Sonelgaz, en le bombardant de projectiles en premier temps, en suite, en y mettant le feu . C’était le chaos !», notera un autre témoin. Ensuite, les contestataires ont fermé la RN5 au niveau de la sortie nord de la ville de Lakhdaria. Ce blocage a duré plusieurs heures, jusque tard dans la nuit, indique-t-on. Hier samedi, la tension était encore palpable aux abords du chef-lieu communal et le calme demeurait encore précaire. Les traces des pneus incendiés et autres blocs de pierres étaient encore visibles un peu partout au centre-ville. Preuve de cette vive tension, les camions des Unités républicaines de sûreté (URS) étaient encore stationnés à proximité des différentes places publiques. “On se taira pas face à ce crime ! Car c’est criminel ce qui est arrivé au jeune Allouane. Les services de Sonelgaz sont tenus pour responsablest. Ils ont fait preuve de négligence et d’irresponsabilité ils doivent tous démissionner et c’est à la justice de trancher», s’exclamera Omar, un citoyen de la cité Si Abdellah.

… Un jeune homme percuté par un train, ravive la tension

Par ailleurs et selon des sources sécuritaires, un jeune homme de 25 ans a été percuté par un train de voyageurs, dans la même commune, au passage à niveau de la localité de Kerchiche, dans la nuit de vendredi à samedi. Cet accident, a poussé la population de cette localité à bloquer le trafic ferroviaire durant toute la journée d’hier. Ainsi, une centaine de citoyens ont fermé les chemins de fer à l’aide de troncs d’arbres et divers autres objets. Enfin, il est utile de souligner qu’à l’heure où nous mettons sous presse, d’éventuels heurts ne seraient pas à exclure, affirment des sources locales.

Ramdane B.

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