L’association écologique sur le terrain

La localité de Raffour, relevant de la commune de M’chedallah, tient à promouvoir un environnement sain, dégagé de toutes les sources de nuisance et cela à travers la très active association « Nature-Espoir » agréée il y a quelques mois par les services de la wilaya de Bouira. Les jeunes regroupés dans cette association n’ont pas ménagé leurs efforts pour alerter les autorités locales sur les questions relevant du cadre de vie quotidien des citoyens et s’impliquer personnellement dans des actions de salubrité publique. L’association a saisi le wali de Bouira, le 28 août dernier, par le moyen d’une requête, pour solliciter une intervention de sa part en vue de résoudre un problème que l’association et les habitants de la cité jugent crucial. Il s’agit du canal d’évacuation des eaux usées servant de cloaque à toute la ville et qui se déverse directement dans le cours de l’oued Sahel, dans la Haute Soummam. Il se trouve que ce canal est rompu sur le dernier tronçon, juste avant de déboucher dans le cours de l’oued. De même, les jeunes de Raffour ont rappelé dans leur requête la nécessité de faire procéder à la plantation des parties attenantes à la ferme pilote. Le 6 septembre dernier, une commission diligentée par le chef de daïra de M’chedallah a effectué une sortie sur les lieux. Il a été décidé, séance tenante, la déviation du dernier trançon du canal des eaux usées, à partir du deuxième regard et ce, sur une longueur de 250 mètres linéaires. A l’extrémité du canal, il est prévu la réalisation d’une fosse septique équipée d’un puisard. Concernant les plantations envisagées par l’association, aux confins de la ferme pilote, la commission de daïra a relevé la nécessité de respecter l’emprise de la voie (2×16 m), en prenant pour point de départ, les constructions existantes les plus proches des limites de la ferme. Malgré les efforts de l’association écologique, cette situation demeure au stade de constat. Dans le cadre de la diversification de ses partenaires, « Nature-Espoir » a tenu à développer des relations étroites avec la direction de l’Environnement de Bouira. En prévision de la campagne de plantation 2005/2006, elle a déjà saisi cette institution en vue de fournir à la localité de Raffour des plants. L’association voudrait également obtenir un siège, même à titre temporaire, au centre culturel de Raffour pour mieux rassembler ses énergies et coordonner ses actions. Vendredi passé, Raffour s’est levé tôt le matin sous le signe de ralliement d’une tiwizi (volontariat) organisée par l’association écologique. Le programme de la journée était axé exclusivement sur l’élimination de la tache noire de la cité : la décharge sauvage qui est érigée depuis cinq ans à côté du stade de la ville. Dense et tentaculaire, cette décharge dégage ses remugles en direction des lotissements limitrophes et cause d’immenses désagréments aux jeunes, qui viennent suivre les rencontres sportives au niveau du stade. Cette tâche a exigé des efforts gigantesques de la part des jeunes de Raffour et cela, pendant quatre heures de travail. Les moyens matériels mobilisés pour cette opération, d’assainissement du cadre de vie des citoyens sont à la mesure du volume du dépotoir : une pelleteuse, trois tracteurs et un camion. Déjà, le 21 juillet dernier, une opération similaire avait ciblé la pépinière pilote, située à l’entrée de la ville de Raffour, en vue de la débarrasser des sacs en plastique, ayant tapissé tout le parterre de l’enclos. Il est vrai que depuis cette date, le sachet a fait son retour sur les lieux. Mais, l’association ne compte pas baisser les bras devant ce qu’elle considère comme un « manque d’attention du citoyen ». Elle prépare déjà une autre operation de nettoyage des lieux.

Amar Naït Messaoud