Les dizaines de rappelés du service national durant la décennie noire, que compte la wilaya de Boumerdés, ont repris hier leur protestation en organisant un sit-in devant le siège de la wilaya. Comme lors d’une action similaire, il y’a trois semaines, ils ont vigoureusement dénoncé le « silence des autorités concernées », quant à la prise en charge de leurs revendications sociales. « Nous avons répondu à l’appel de la patrie, c’est à elle, maintenant, de répondre à nos attentes », peut-on lire dans l’une des banderoles brandies par les manifestants. Les protestataires, âgés entre 30 et 40 ans, rappellent qu’ils ont été engagés dans la lutte anti-terroriste entre 1995 et 1999, dans le cadre de la mise en application de l’instruction présidentielle 95-146 du 27 mai 1995.
Tout en réitérant leur fidélité à la partie, ils s’insurgent contre l’indifférence des pouvoirs publics en dépit de leurs multiples requêtes dont l’une a été adressée au chef de l’état. Par le biais d’un communiqué dont une copie nous a été remise hier, ils menacent d’enclencher des actions de protestation illimitées au niveau national, à partir du 3 avril prochain, pour faire prévaloir leurs principales revendications, à savoir la reconnaissance des anciens mobilisés de l’ANP. Dans le détail, ces derniers réclament leur indemnisation matérielle et morale, une pension mensuelle, une totale prise en charge sanitaire, la priorité en matière d’octroi de postes d’emploi et de logements, le règlement définitif du problème de la sécurité sociale, comme promis par le Général major chef des corps d’armée. Les contestataires demandent, en outre, le droit à la retraite avec un calcul précis des années du service national, l’accès aux crédits alloués aux micro entreprises avec exonération d’impôts et des licences de taxis ou des facilités d’ouverture de cafétérias.
Hier, à Boumerdès, les délégués de ce mouvement ont été finalement, et pour la première fois, reçus par un responsable de la wilaya qui aurait prêté une oreille attentive à leurs doléances.
Salim Haddou
