Il a raflé la mise à Tizi-Ouzou et Béjaïa – Le FFS se repositionne en Kabylie…

Beaucoup ne donnait pas cher de sa peau, lui prédisant même une débâcle lors des législatives de jeudi dernier, mais voilà que le Front des Forces Socialistes (FFS) a surpris pas mal d’observateurs en dominant le scrutin en Kabylie.

Le parti s’est repositionné en effet, de fort belle manière dans la région où il a glané pas moins de 17 sièges, 7 à Tizi-Ouzou, 7 à Béjaïa et 3 à Boumerdès, avant de devenir seulement 2, hier. Les quatre autres sièges, il les a eu à Alger.

Le FFS a ainsi obtenu en tout 20 sièges, si l’on prend compte de la décision d’attribuer le 3e siège obtenu à Boumerdes pour le RND hier, ce qui fait de lui la quatrième force politique du pays, après le FLN, le RND et l’Alliance verte.

Les plus avertis parmi les observateurs estiment que le FFS pouvait faire mieux, arguant que la participation à cette joute électorale n’a pas fait l’unanimité au sein de sa base militante. Ce qui est d’ailleurs vrai. L’on se rappelle, en effet, que l’annonce de la décision de prendre part à ces élections a été suivie d’un brouhaha de mécontentement.

De ce fait, il n’est pas dit que l’ensemble des militants de ce parti ait pris, jeudi passé les chemins des urnes. Quoi qu’il en soit, les résultats obtenus confirment, en tout cas, que le FFS demeure une force incontournable, du moins en Kabylie où il garde son aura intacte. Il confirme sa position, non seulement par rapport aux FLN, au RND et aux autres partis qui ont participé aux législatives, mais surtout par rapport aux adeptes du boycott, lesquels auront ainsi reçu une véritable gifle, eux qui se disaient ancrés dans la région s’estimant «avoir le contrôle» sur celle-ci.

Il faudra souligner, ici, que le plus vieux parti d’opposition a gagné ces sièges avec plus de 30 mille voix à Tizi-Ouzou et plus de 21 mille à Béjaïa. Reste, toutefois, à cette formation de percer ailleurs qu’en Kabylie. Car, force est de constater qu’en dehors de ce « territoire conquis », et hormis à Alger, le FFS n’a glané aucun siège. C’est dire que la formation aura encore fort à faire à l’avenir pour de nouvelles conquêtes pour ôter l’étiquette de « parti régional ».

Il pourra d’abord miser sur la wilaya de Bouira où il pouvait, au moins, arracher ne serait-ce qu’un siège, s’il avait parier sur d’autres têtes défendant sa liste pour les législatives. En tout cas, le FFS aura tout le temps pour rectifier le tir. La prochaine échéance, qui n’est autre que les élections locales, arrive à grandes enjambées.

La base militante espère que, cette fois, la décision de participation, ou non, à cette joute sois prise tôt pour permettre une bonne préparation. D’aucuns, parmi les militants, affirment, dans ce sillage, que leur parti pouvait faire mieux, à l’occasion des législatives de jeudi, si la direction avait tranché un peu plus tôt la question de la participation.

Pour eux, ce retard a fait que les élections ont été préparées à la va-vite. N’empêche que le FFS a réalisé ce score qui lui permet de réinvestir l’hémicycle Zighout Youcef, après plus d’une dizaine d’année d’absence.

Reste à Halet, Tabou et autre Derguini de tenir leurs promesses vis-à-vis de la population en défendant, comme il se doit, les intérêts de cette dernière. En somme, la «position tactique » aura finalement payé pour Aït Ahmed et son staff.