L’unique trace historique qui rappelle à la génération d’aujourd’hui le cantonnement de l’armée française à Boghni, subit sans retenue les méfaits d’un laisser-aller condamnable. Il s’agit de l’ancienne caserne devenue après l’indépendance le siège de la Gendarmerie nationale. En effet, depuis le départ de ce corps de sécurité vers son nouveau siège, cet édifice, constituant la mémoire du peuple, fait l’objet d’une détérioration très avancée et préméditée. Abandonné à son compte et sans aucune protection, ce vestige a reçu et reçoit, à présent, l’extrême violation, dont les dégâts sont plus qu’apparents. La toiture arrachée, les portes et fenêtres emportées, il ne reste d’utile qu’une porte d’entrée béante donnant axée à l’intérieur, pour tout le monde. En effet, cet édifice qui couvre une partie de l’histoire de Boghni, sert comme lieu de rencontre aux jeunes désœuvrés, qui, par faute de loisirs, se replient en ce lieu sûr pour lutter contre les longues angoissantes journées. Devant cette constatation, les services publics sont appelés à restaurer la dignité du coin. Ne serait-il pas mieux d’ériger sur place une gare routière qui mettra, sans doute, un point aux différentes stations anarchiques improvisées un peu par tout ?Ainsi, elle apportera une aide financière conséquente à la trésorerie communale en imposant, évidemment les droits d’entrée. Un musée, une maison de jeunes contribueront à coup sûr à la relance de l’activité culturelle agonisante. En effet, il suffit d’un grain de volonté pour bien faire.
Ali Khalfa
