La rue comme terrain de football

Ce sport est un vrai remède pour la vie ou plutôt «la survie» de tant de gens. Les jeunes et les maisons jeunes consacrent leur temps libre, et parfois leur temps, tant court, pour «Ddabehh», comme on l’appelle communément. Certains villages comme Imeghdacen ne disposent pas de «terrain de foot», c’est-à dire que la pratique sportive est quand même envisageable. D’ailleurs, plusieurs tournois sont organisés sur ces espaces, pratiquement chaque année l’un des villages se charge du bon déroulement de la compétition. Beaucoup d’équipes y prennent part même celles qui viennent des autres communes comme Tibane et Tifra, c’est une véritable dynamique qui est de mise, mais le blocage est pour les villageois qui n’ont même pas de terrain pour jouer à la fameuse boule. Des fois, les jeunes sont contraints d’aller aux péripheries de la forêt pour s’adonner à leur passion, là bas au moins il n’y a pas de désagréments majeurs, au delà de l’état des lieux qui ne sont pas vraiment aménagés pour ce genre de sport. Aller vers les stades des autres villages pour les entraînements ce n’est pas du tout une chose facile car les «propriétaires» de ces terrains ont souvent besoin de «leurs stades», alors jouer au foot devient un casse-tête puisque nombre d’entraves empêchent les jeunes de se distraire un tant soit peu sur ces hauts lieux, on est loin, très loin même du sport professionnel. Cependant, beaucoup de jeunes ont réussi à avoir leurs, places au sein de clubs renommés à l’instar de SSSA et le MOB de Béjaïa, c’est à partir du néant que ces «footballeurs de rue ont pu réaliser des exploits. Ferhoune et Ath Saâda sont deux villages qui ne possèdent même pas les «presque stades», pour jouer, les jeunes et les moins jeunes ne se gênent pas à faire de la rue un terrain de foot. Avant, la circulation automobile n’était pas importante, alors les petits matchs se faisaient sur leur place. Maintenant, les voitures sont en croissance démesurée et la rue n’est plus libre. Les citoyens de la région craignent le pire puisque les jeunes qui «débarquent» dans l’espace des quatre rues ne sont pas les bien venus, parfois des accidents surviennent suite à ces circonstances. «Une fois, un petit garçon s’est jeté sur ma voiture alors qu’il jouait au foot, heureusement que l’incident n’a pas était chaotique. La rue est un danger pour ces jeunes, ce n’est guère un lieu de jeu», estime un conducteur de la région. Ainsi, tant de jeunes se retrouvent dans l’embarras, d’une part, leurs aspirations et leurs passions, de l’autre part, les entraves qui les freinent. Le sport est une pratique intéressante où l’on peut bénéficie de moult choses. Mais lorsqu’on n’a même pas l’occasion pour pénétrer dans cet espace c’est d’autres portes qui s’ouvrent. Au moins, pour prendre des joints on a pas besoin de terrain ni de boule ! Amère est cette réalité.

Mohand Cherif Zirem