… Il était temps !

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« Les assemblées locales de Tizi Ouzou et de Béjaïa seront renouvelées ». Cette déclaration émise avant-hier par le chef du gouvernement a eu comme effet immédiat de relancer la polémique sur la révocation des « indus élus » en Kabylie.Devenue, depuis peu, étrangement impassible à toute nouvelle donne politique — une attitude qu’on a pu vérifier lors de la signature du dernier accord gouvernement-archs —, la région s’est subitement remise à spéculer sur le devenir de ses élus et de ses mairies. Sans trop vouloir approfondir la question, la rue tizi-ouzouénne semble applaudir d’un commun accord toute solution pouvant dénouer la crise de Kabylie dans la sérénité et le respect de la loi. Ainsi, les différentes appréciations qu’on a pu recueillir à ce propos parmi la population locale soutiennent dans leurs écrasante majorité qu’il est temps de remettre les pendules à l’heure et d’en finir avec la précarité. « Le chef du gouvernement l’a si bien expliqué, si le renouvellement des instances élues se fait par consentement c’est mieux, mais si cela s’effectue par la force de la loi, je trouve que c’est encore meilleur. On n’a point d’autre alternative que celle-ci », s’exclame Ammi Tahar, un vieux commerçant du centre-ville pour exprimer son soutien le plus absolu aux mesures annoncées par M. Ouyahia. Parallèlement, l’enthousiasme de Ammi Tahar était décelé, d’une manière à peine différente chez une bonne partie des Tizi-Ouzéens, et notamment parmi les jeunes. « Qu’ils les révoquent, qu’ils les libèrent ou qu’ils les licencient, l’important c’est de renouer de nouveau avec les assemblées dûment élues, et pour cela il n’y a pas de meilleure solution que de tenir des élections partielles. Avez-vous oublié que près de 30 communes de notre wilaya sont dépourvues d’assemblées populaires et qu’elles sont gérées au jour le jour par des commis de l’Etat aux prérogatives limitées… », fulmine Tarik, un jeune chômeur de la CNEP auquel cette situation semble plus qu’insoutenable. A ses côtés, ses copains de quartier comme ceux des autres cités de la ville, sont convaincus que la résolution de la crise doit impérativement passer par une alternative politique. Loin de tout calcul politicien, obéissant souvent à des schémas peu porteurs pour la région, le citoyen kabyle estime que l’Etat doit agir dans les meilleures délais pour mettre un terme à la déperdition dans laquelle a sombré la région depuis trois ans. Par consentement ou par l’application des textes juridiques, la rue n’y accorde pas grand intérêt. Ce qui compte pour elle, c’est de retrouver un semblant de quiétude et de sérénité.

Ahmed B.

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