FLN Les pro et anti Belkhadem promettent un CC sous haute tension – Qui aura le dernier mot ?

La réunion ordinaire du Comité central du FLN, se tiendra ce week-end à l’hôtel Ryadh de Sidi Fredj, en présence des 351 militants qui en sont membres.

S’il est, d’ores et déjà avancé que le secrétaire général du parti, Abdelaziz Belkhadem, est poussé vers la porte de sortie par la forte contestation, à laquelle il fait face depuis de longs mois, l’on s’aperçoit, en revanche, que d’un côté comme de l’autre, les esprits cherchent plutôt à se calmer et à éviter la confrontation qui risquerait d’amocher le parti et, par ricocher, la scène politique nationale. Dans les faits, il est utile de préciser que cette réunion du Comité central du FLN opposera Abdelaziz Belkhadem à deux courants dissidents, le mouvement de l’authenticité et le courant centraliste lesquels, tous deux, revendiquent son départ.

Genèse d’une opposition

Boudjemaâ Haïchour, ancien ministre, membre du CC et se réclamant du courant centraliste, a bien voulu revenir sur la genèse de cette affaire et préciser la nuance qui existe entre les deux mouvements de contestation qui se sont déclarés contre Belkhadem. «Le premier, qui s’est déclenché en 2010 au lendemain du 9e congrès et la désignation du Bureau politique (BP), s’appelle le mouvement d’authenticité et de redressement, ceux qui l’ont créé ont dit à Belkhadem que lors du 9e congrès, il y a eu un grand nombre d’indus occupants (un tiers des congressistes n’avaient pas cumulé le nombre d’années de militantisme qu’il faut pour l’être), d’où leur revendication du départ de Belkhadem et du BP». L’ancien ministre des TIC précise qu’avant le congrès, « Abderrezak Bouhara avait distribué un document portant un texte doctrinal pour décrier la gestion du parti. Bouhara et d’autres membres se sont d’ailleurs retirés totalement de la vie statutaire et organique que dirige Belkhadem ». Le groupe Bouhara est appelé selon Haïchour, «le groupe des sages, qui veut que les problèmes se règlent dans la sérénité ». Quant aux animateurs du courant centraliste, dont il fait partie, l’ex-ministre situe son émergence «à la suite de la parution des listes des candidatures pour les législatives du 10 mai dernier, confectionnées par des membres du BP sous la houlette de Belkhadem». Des listes composées, d’après lui, «par des personnes détentrices de la Chkara (argent sale) ou des indus occupants (non militants du parti)». Haïchour fait savoir que «j’ai moi mêmedit à Belkhadem que ce sont les mêmes personnes qui ont été à l’origine de la crise au FLN, vous prenez alors la responsabilité devant l’histoire, parce qu’il va y avoir un mouvement de protestation à votre égard». Notre interlocuteur ne manquera pas, quand même, de souligner que «c’est Herraoubia qui a été le maître d’œuvre de la confection de ces listes, il a ainsi laminé toutes les élites militantes et intellectuelles du parti». Il rappelle que «nous avons demandé à ce qu’il n’y ait sur les listes ni Mouhafedh, ni membres du BP, ni les ministres, mais Belkhadem a retenu quatre candidats du BP et des ministres en poste, nous avons alors compris que les choses étaient ficelées, que Belkhadem se projetait en tant qu’héritier de la présidence de la République, Herraoubia voulait la présidence de l’APN et Nouara Djaâfar allait être remplacée, à son poste de ministre, par une des femmes candidates FLN». Les deux courants, «y compris les sages», dit-il, se sont unis et demandent « le départ de Belkhadem». Ils veulent un seul point à l’ordre du jour de la réunion du CC de vendredi prochain, à savoir «faire parler l’urne pour voter en faveur d’un retrait de confiance au secrétaire général du parti».

Ferhat Zaâfane.