Aït Abdelmoumène veut sa part de développement

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Ce village, le plus grand de la daïra de Ouadhias, est confronté à de multiples carences.

Dans ce village escarpé qui s’étend sur des kilomètres carrés jetant ses tentacules pour joindre plusieurs localités à savoir Béni Douala du côté nord, Ouadhias à l’ouest, Souk El Tenine à l’Est et Mechtras au sud, on enregistre 3 écoles primaires, 2 collèges de l’enseignement moyen et une unité de soins pour plus de 15 000 Habitants. Le CEM 1 est dans tous ses états et ne ressemble guerre à un collège. Des salles de classes construites progressivement et même un volontariat a été organisé pour le dallage en urgence des salles du 1er étage, pour parer au plus urgent durant les années de vaches maigres. Le collège ne dispose pas de restaurant scolaire. Les centaines d’élèves sont contraints de se rendre jusque chez eux pour déjeuner. Le CEM 2 est lui construit selon les nouvelles normes. Un véritable joyau mais situé à l’extrémité nord du village, ce qui le rend moins fréquentable, trop loin, disent les parents. Le transport n’est pas assuré régulièrement. Un élève du quartier de Tassoukit, d’Aït Graiche ou même de Taghoucht ne peut pas être scolarisé dans cet établissement, l’éloignement en est la cause. Du coup, la plupart des parents préfèrent inscrire leur enfant au CEM1, créant la surcharge des classes. Concernant les écoles primaires, le constat n’est pas meilleur même si des efforts sont consentis par l’Etat ces dernières années. Une école sans bibliothèque, sans salle d’informatique et sans gardiennage de nuit ne peut pas jouer correctement son rôle. Pour l’école de Tassoukit, l’absence d’une cantine scolaire complique la tâche aux potaches. Un projet y a été accordé mais il tarde à voir le jour. Concernant le secteur de la santé publique et de l’environnement, le constat est effarant. La seule unité de soins disponible ne fournit que les prestations des plus élémentaires. L’absence de moyens et de personnel suffisant et qualifié fait que les patients préfèrent laisser des plumes chez les médecins privés. Dans cette unité même les vaccins ne se font pas. Pour faire vacciner leurs enfants, les parents sont obligés de se rendre à la polyclinique, sise au chef-lieu de Tizi N’Tléta, distante de plus de 7 kilomètres ou alors se rendre à celle de Souk El Tenine au risque de revenir bredouilles. Le bureau de poste et le bureau d’état civil jumelés dans un même local sont trop exigus pour être rentable. Quant à l’environnement dans le village, il crie à gorge déployée depuis de nombreuses années déjà. Les dépotoirs et les décharges sauvages foisonnent. Même les établissements scolaires ne sont pas épargnés. Devant le portail de l’école de Tassoukit, un dépotoir défigure l’image de l’établissement et crée son lot de soucis aux élèves et à tout le personnel. A Tizgui, la fameuse décharge sauvage est à l’origine d’une pollution dont les conséquences seront à coup sûr dramatiques. Signalons que la benne tasseuse de la mairie ne passe qu’une fois par semaine et que les bacs à ordures sont en nombre insuffisant. En termes d’infrastructures sportives et culturelles, le douar est aussi lésé. L’aire de jeux en réalisation depuis de nombreuses années et qui a consommé des dizaines de millions n’est pas encore achevée. Dieu seul sait combien d’argent et de temps lui faudra-t-il pour être fonctionnelle. L’unique salle de jeunes sise à Taddert Oufella est fermée car le bénévolat a fini par achever les énergies les plus tenaces. Quant à celle en construction à Tassoukit, après des années, elle n’est pas non plus achevée.

Routes défoncées, absence de gaz et

des foyers sans

assainissement

Dans ce registre, les manques sont nombreux. A commencer par le réseau routier qui est défoncé dans sa totalité. Nous avons sillonné toutes les rues du village, aucune n’est en bon état. De Taghoucht, à Tighilt Oumezir en passant par Tassoukit et Aït Graiche, les routes sont en dégradation avancée. Les pistes de Arechrouche, de Taddert oufella et de Tassoukit sont en piteux état. Les travaux de gaz en cours, ceux de l’adduction en eau potable et de l’assainissement ont carrément labouré la chaussée. Les dernières intempéries ont davantage détérioré les chemins. Les travaux de réparation ne sont pas encore à l’ordre du jour. Concernant l’assainissement, plusieurs habitations notamment les nouvelles constructions, ne sont pas raccordées. Certains quartiers comme c’est le cas de celui dit El Djama, plus d’une vingtaine de foyers ne disposent pas d’un réseau d’assainissement. Les fosses septiques et les rejets à ciel ouvert sont l’unique solution offerte aux habitants. Le réseau électrique n’est pas généralisé. Les habitants des quartiers Nador et de Louvayar, en plus des centaines d’habitations éparses à travers tout le village, en savent quelque chose. Les travaux du gaz naturel sont en cours de réalisation depuis le début de l’année en cours. Pour ce qui est de l’alimentation en eau potable, c’est le cauchemar car par ici, l’eau est rationnée. Elle n’est disponible qu’une fois par semaine. Lorsque il y a panne du réseau électrique, la donne se complique. Le village a toujours soif, hiver comme été. D’ailleurs l’année passée, le village entier a été privé d’eau pendant près d’un mois. Ce qui a contraint les habitants à envahir la daïra de Ouadhias et l’agence de l’ADE pour réclamer une distribution régulière. Depuis, la situation ne s’est malheureusement pas améliorée. Quant au réseau de la téléphonie fixe réalisé au grand bonheur des villageois, il a été vandalisé depuis plus de 3 ans et sa réparation n’est pas encore à l’ordre du jour. Un habitant du quartier d’Aït Ali Ouahmed déplorera : «Dans notre village rien ne va. Nous manquons de tout. C’est à croire que nous n’avons pas de responsables. Le réseau routier est impraticable, l’assainissement et l’électricité ne sont pas généralisés et même le téléphone est vandalisé et non réparé depuis de nombreuses années. Nous sommes simplement abandonnés par les pouvoir publics».

Hocine T.

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