DDK : Pouvez-vous nous donner un bref historique du festival ?
Yekhlef Aissat : Ce festival a été d’abord l’œuvre du mouvement associatif aux débuts des années 90. Il a été relancé ensuite, vers la fin des années 90, en hommage à Matoub Lounès. Faute de moyens, le festival n’eut plus de rendez-vous annuel, à cause entre autres, des événements de 2001 qui ont freiné son évolution. L’APC de Bgayet a pris la difficile décision de reprendre l’événement et de l’instituer comme une tradition locale, en allouant des budgets considérables.
DDK : Qu’en est-il de l’édition de cette année ?
Yekhlef Aissat : Pour cette dixième édition, nous avons opté pour une philosophie d’hommage aux artistes de la région et nous y avons consacré de grands moyens pour la réussite de ce rendez-vous. L’édition de cette année est aussi dédiée à Cherif Kheddam, un artiste qui a tant donné à la culture algérienne et amazighe, mais nous avons également instauré une originalité à savoir rendre hommage à six artistes de la région, connus du milieu artistique local et régional. Nous avons invité plus de soixante chanteurs professionnels qui se produiront chaque soir du 04 au 09 de ce mois et cela pour créer de l’ambiance et donner vie aux soirées bougiottes.
En marge de ce festival, nous avons programmé un concours pour les chanteurs amateurs aux talents cachés. Nous avons recensé plus de 70 candidats qui sont venus principalement des régions limitrophes de Bougie : Bouira, Tizi-Ouzou, Setif, Alger … Ce concours est accompagné par un jury hétérogène composé de musicologues et d’universitaires chercheurs dans le domaine de la littérature amazighe, cela pour lui donner une crédibilité objective et pour que nos candidats soient contents.
DDK : Vous réunissez ainsi les amateurs et les professionnels?
Yekhlef Aissat : Effectivement, notre philosophie c’est de créer des passerelles entre les jeunes chanteurs amateurs et leurs ainés «professionnels», puisque l’objectif principal de cet événement est de chercher des « successeurs » potentiels pour donner un souffle nouveau à la chanson d’expression amazighe et l’exemple le plus éloquent est le chanteur, Ali Amrane, qui est devenu aujourd’hui un grand chanteur grâce à la première édition de notre festival.
DDK : Un dernier mot ?
Yekhlef Aissat : Je remercie tous ceux qui, de près ou de loin, participent à la réussite de cet événement tant attendu par nos habitants. La chanson amazighe doit être promue et préservée car elle est plus qu’un texte ou une musique, c’est une référence culturelle et identitaire.
Entretien réalisé par Y.Z.
