Une demi-heure après la rupture du jeûne, le chef-lieu de Yakouren se remplit petit-à-petit des habitants qui viennent y passer une autre soirée ressemblant aux précédentes, comme deux gouttes d’eau. A part le jeu de dominos, et quelques parties de cartes qui se font à l’intérieur des cafés bondés, aucun autre loisir n’est proposé à la population. Mis à part le loto qui reste la plus grande distraction des gens au point de devenir une tradition ramadhanesque où la guigne des joueurs malchanceux leur vide les poches. Alors, à défaut, les discussions des gens s’orientent vers la politique, à savoir sur les élections partielles du 24 novembre prochain. Qui dit que les cafés ne sont pas les parlements des peuples ? Ainsi, des petits groupes s’installent autour d’une table pour débattre sur la composante des listes électorales en lice. Tandis que d’autres préfèrent parler des centaines de millions qui vont rentrer dans les caisses de la municipalité dans les deux prochaines années. Il y a même ceux qui font de la campagne électorale pour leur liste favorite. Du côté des candidats, c’est la chasse aux voix, où tous les coups sont permis car « la fin justifie les moyens ». La bataille est serrée avant même l’ouverture officielle de la campagne électorale. Chacun travaille dans le silence et dans la discrétion. Les programmes ne seront connus qu’à l’entame officielle de la campagne électorale soit au début du mois prochain. En attendant ces élections qui ont fait couler beaucoup d’encre et sollicités tant de polémiques, les habitants de cette commune de 12 000 âmes, espèrent certainement que la prochaine équipe qui siégera à l’APC, de quelque couleur politique qu’elle soit, fera de son mieux pour le développement local.
Hacène Aouidad
