Pour une culture de l’environnement

Dans beaucoup de pays, la notion de patrimoine, jadis limitée aux seuls chefs-œuvre de l’art et de la littérature, a été progressivement étendue à d’autres domaines de la connaissance et de l’expérience humaines -arts culinaires et vestimentaires – ainsi qu’aux techniques. Aujourd’hui, dans une conception encore plus globalisante, on envisage également un patrimoine « naturel », ou, pour être plus précis, un patrimoine environnemental, composé par la faune, la forme, le relief, légué par les générations qui nous ont précédé et qui est soumis à l’évolution. Comme les œuvres d’art ou de l’esprit, ce patrimoine est exposé à la dégradation et il est menacé de disparition : il demande donc à être protégé. Non seulement parce que les plantes, les paysages ou les animaux sont beaux mais parce qu’ils sont nécessaires à la survie de la planète et donc de l’homme. De plus en plus de pays prennent conscience de cette nécessité et développent auprès des populations une culture qu’on pourrait appeler environnementale et qui est chargée de diffuser les savoirs concernant l’environnement, ainsi que les moyens de le préserver. L’Algérie s’est également attelée à cette tâche, en ciblant les établissements scolaires en prévoyant des cours sur les thèmes liés à l’environnement. Mais l’effort d’information, pour être efficace, doit toucher un plus large public : il est nécessaire que chacun prenne conscience de la nécessité de préserver l’environnement et qu’il apprenne à éviter les comportements qui le mettent en danger. Peut-être alors ne verra-t-on plus ces monceaux d’ordures polluer les forêts et les rivières ou ces arbres, parfois centenaires, arrachés pour dégager des terrains de construction !

S. Aït Larba