n Nous assistons, depuis plusieurs jours, à un ballet de jeunes vers les cybercafés de la ville, lesquels proposent des inscriptions à la loterie, via Internet, pour l’émigration vers les Etats-Unis et ce, pour la somme de 100 dinars. L’engouement des jeunes et même des pères de famille, n’est pas fortuit, puisqu’ils sont encouragés dans leur démarche par des échos venus de là-bas. Les amis et proches des émigrés installés dans ce pays distillent des informations, vantant la belle vie au pays de l’oncle Sam. Il paraît qu’on y a la possibilité de changer de boulot autant de fois qu’on le désire. Les salaires seraient si importants qu’on pourrait, en un clin d’œil, acquérir voiture et maison, tout en se permettant des vacances. Que demander de plus, surtout lorsqu’on est jeune chômeur et que les possibilités de trouver du travail s’amenuisent, de jour en jour. Cependant, pour arriver aux Etats-Unis, il faut franchir plusieurs étapes, pas toutes aisées, et débourser quelques milliers de dollars. Un candidat qui vient d’être admis à l’émigration, nous relate en gros ce qu’il a enduré et payé. Une fois élu, il a dû se rendre en Tunisie (trois millions de centimes par billet d’avion) pour satisfaire à une visite médicale approfondie en plus d’un entretien avec les représentants des autorités des E U, au niveau du consulat de Tunis. Les frais d’enregistrement qu’il faut débourser sur place, étant de 750 dollars par personne, reviennent au marché parallèle, à environ 40 millions de centimes, pour une famille de cinq membres. Si vous ajoutez au moins la même somme, pour vous acquitter des frais de voyage, vous vous rendrez compte que tous calculs faits, il n’est pas permis au commun des Algériens de réunir tout cet argent. Si, en plus, vous êtes chômeurs ou que vous travaillez dans le cadre du filet social, vos chances d’arriver seulement jusqu’à Tunis, sont déjà faibles. Quant à votre projet d’aller en Amérique, il risque de ne jamais dépasser le domaine du rêve.
Nacer B.
