Ils sont chômeurs, avec ou sans permis de conduire, des enseignants, des travailleurs licenciés, etc… à exercer cette activité frauduleuse qui échappe à tout contrôle et qui continue à proliférer de jour en jour, toutes marques de voitures sont utilisées, de la plus ancienne à la récente. Ainsi, dans une société marquée par un chômage galopant et où le pouvoir d’achat ne cesse de se détériorer, des chefs de familles, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts et faire face aux exigences de la vie avec leurs maigres salaires, ou qui sont carrément sans travail, font tous pour gagner leur vie, le marché informel, le trabendo, la mendicité, chacun selon ses moyens. Les taxis clandestins sont partout, même s’ils sont souvent persécutés par les services de sécurité, cela ne les découragent pas. « On nous connaît et ils ferment souvent les yeux », nous dira un clandestin originaire du village Ighil en parlant des services de sécurité. Au chef-lieu de Bouira, il existe même des stations spéciales « taxis clandestins ». Il est vrai que leur présence n’arrange pas les affaires des chauffeurs de taxis et autres transporteurs qui disposent de papiers et qui payent toutes les charges : fiscalité, assurance, etc… Or, le clandestin est présent là où ces derniers ne sont pas, ils sont indispensables dans les zones rurales ou leurs homologues avec papiers, refusent de travailler à cause du manque de travail et aussi de l’état des routes, ils préfèrent activer dans les zones urbaines. Ali est cet enseignant dans un collège de Bouira ville. Dès qu’il termine son travail, il gare sa vieille bagnole près de l’ex-agence de la SNTM, guettant un client éventuel pour une course. « Il m’arrive de faire deux à trois courses avec 50 DA le déplacement à l’intérieur de la ville. Cela me permet de gagner d’argent, avec ma modeste paie et six bouches à nourrir, je vous avoue que je n’y arrive guère ». C’est ainsi que cet enseignant passe ses fins de journées. Les clients, quant à eux, ne se soucient pas de certains détails, comme l’assurance en cas d’accident… Leur seul souci étant celui de trouver un moyen de transport.
Rayanne B.
