Les villageois ont occupé la mairie – A M’Kira les robinets à sec aussi

C’est la canicule et l’eau manque beaucoup dans la commune de M’Kira, relevant de la daïra de Tizi Gheniff, à plus de cinquante kilomètres au sud de Tizi-Ouzou. Hier; sous un soleil de plomb, des centaines de personnes sont venues de plusieurs villages, notamment Imlikchene, Iâmourène, Tharamant, occuper la mairie de cette municipalité pour crier, haut et fort, leur calvaire devant le sempiternel problème d’eau potable. « Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui peut vivre sans eau pendant quarante jours avec ces températures dépassant les 40° C ? »; s’élève une voix dans la foule. Et à une autre d’ajouter: « Nous en avons trop souffert et avec la mise en service du barrage de Koudiet Acerdoune, nous avions cru à une solution définitive. Mais, cela s’est empiré encore plus ». Toutes les personnes que nous avons approchées ont affirmé la même chose, il n’ont pas d’eau depuis trente jours, pour les uns, quarante pour d’autres et voire encore plus pour d’autres villages. Le programme tracé par les autorités n’est pas du tout respecté en raison de la faible quantité d’eau qui arrive aux réservoirs de Tighilt Bouguenni. « Pour que nos villages aient de l’eau, il nous faut au minimum deux mille mètres cubes par jour. Or on ne nous donne qu’une quantité insuffisante qui n’arrive même pas aux réservoirs. Et pour cause, deux villages ont procédé au piratage de cette eau. Il s’agit de Taka, dans notre commune, et Ihoubarène dans la commune de Tizi Gheniff. Ils ont carrément sectionné la conduite principale d’adduction pour dévier toute l’eau vers leurs villages. Sincèrement, notre commune est la moins servie dans toute la région », nous a confié le maire. Interrogé sur les solutions préconisées, il nous a répondu qu’une réunion était en cours au siège de la daïra et que des contacts étaient engagés avec les responsables du grand réservoir d’eau de Tizi Larbaâ (Draâ El-Mizan) pour leur servir la quantité souhaitée, pour enfin redéployer le programme de distribution. De leur côté les contestataires maintiennent leur action de protestation. « Nous n’allons pas nous disperser jusqu’à ce que l’eau coule des robinets. Sinon, nous sommes décidés à passer à des actions plus radicales. A Tizi Gheniff, des fuites d’eau non réparées se déversent dans la nature, des quantités qui pourraient satisfaire au moins un village par jour. A quand la fin de notre cauchemar? Même en hiver, nous n’avions pas reçu une goutte d’eau durant deux mois. Et cette fois-ci, avec la mobilisation de tous les villages, nous ne comptons pas rentrer chez nous bredouilles. C’en est quand même trop ! », a conclu un villageois d’Imlikechene qui a déjà participé au moins, à deux fermetures de la mairie pour ce même problème.

Amar Ouramdane