M’Chedallah Des «professionnels» de la mendicité innovent – Des handicapés exploités

Après des nourrissons servant d’appâts dans la mendicité voila qu’on passe à une autre forme d’exploitation honteuse et inhumaine, celle de handicapés physiques.

Pour soustraire de l’argent aux âmes charitables et sensibles, en ciblant des lieux très fréquentés, à l’image du marché hebdomadaire de M’Chedallah qui se tient tous les mardis et qui est pris d’assaut par des dizaines de mendiants «spécial Ramadhan». Des occasionnels qui usent de procédés barbares en se faisant accompagner de malades et handicapés physiques qu’ils placent le long de la rue Ahcène Soualah, utilisée comme marché hebdomadaire depuis la fermeture de l’ancien souk en raison de travaux. Ils se comptent par dizaines, exposés sans aucune protection face aux dards mordants d’un soleil caniculaire, de la première heure d’ouverture à la fermeture du marché les visages noircis et affichant de terribles souffrances à cause de cette position inconfortable qui dure de 5 H du matin à 13h. Des femmes, en majorité des jeunes qui ont du mal à masquer leur aisance sociale sous quelques guenilles, accompagnent les malades martyrisés pour récupérer les pièces, fruit de… leur dure labeur. Elles sont nouvelles dans ce métier et étrangères à la région, mais en nombre effarant. La plupart des handicapés, endormis malgré le brouhaha du Souk, donnent la nette impression d’être drogués à base de somnifères. Visages livides, pâles exsangues, corps frêle et chétifs, ces malheureux, soumis à ce régime de travail infernal, souffrent énormément. Des malades dont la place est dans des centres spécialisés au lieu d’être honteusement exploités de façon monstrueuse. On imagine mal une parente mettre délibérément un proche handicapé dans ces insupportables conditions qui sont de véritables séances de tortures, au milieu d’une foule qui laisse faire sans réagir, c’est à peine si l’on jette un coup d’œil apitoyé accompagné d’une pièce et parfois d’un commentaire de réprobation a l’endroit des exploitants de ces « débris humains » dont le législateur algérien a mis en place toute une batterie de lois pour leur protection et leur prise en charge, des malades qui se retrouvent entre les mains de vampires impitoyables qui en font un fond de commerce juteux. A noter que ce marché est fréquenté par des élus, des cadres de l’état et des notables de la région, tout ce beau monde se mure dans un honteux silence, sachant que l’état a mis en place un dispositif d’aide et de protection, sous forme de pensions mensuelles, au profit de cette catégorie de citoyens qui n’ont nul besoin de mendier pour survivre.

Oulaid Soualah