Le quartier de Oued Dhous, situé à la sortie est de la ville de Bouira, est l’un des plus marginalisés des cités du chef-lieu de la wilaya. Ainsi, outre les sempiternels problèmes d’éclairage public et l‘insalubrité qui le caractérise, c’est bien la question de l’aménagement de ce quartier qui fait cruellement défaut. En effet, ce quartier donne l’impression d’avoir été complètement abandonné par les autorités municipales. Pour s’en convaincre, il suffit de voir l’état de la chaussée. Cette dernière se trouve dans un piteux état. Les trottoirs sont délabrés, les ruelles jonchées de crevasses et autres nids de poules, sans parler des égouts à ciel ouvert qui jalonnent cette cité. De plus, l’insalubrité règne en maîtresse absolue des lieux. On ne compte plus les décharges sauvages qui défigurent le paysage et agressent les narines par des odeurs nauséabondes. Pire encore, ce quartier qui se trouve à quelques encablures du siège de la wilaya, ne dispose d’aucun espace de détente, encore moins d’un jardin public. “, en est la parfaite illustration. Par ailleurs, de leur cotés, les habitants de la cité dite des “chinois” se disent “choqués et écœurés” par la multiplication des actes de vandalisme et la montée de l’insécurité à proximité de leurs immeubles. “ Ces derniers temps, on n’ose plus s’attarder dehors, tant les agressions ont connu une hausse inquiétante», ont indiqué quelques résidants interrogés. Non loin de là plus précisément à la cité des 80 logements, les habitants se plaignent du manque d’aménagement de ce qu’ils appellent leur “ghetto”. “Les services communaux en général et le P/APC de Bouira en particulier ont délaissé Oued Dhous et laissé les citoyens à leur triste sort“, note Sihem, étudiante. Avant d’ajouter : “Depuis les dernières élections municipales, on n’a plus vu la silhouette de M. le maire dans les parages. C’est inadmissible!” Preuve du ras le bol de la population face à ce qu’elle a qualifié de mépris de la part des autorités, une centaine de citoyens ont durant le mois de ramadhan dernier, bloqué les routes qui conduisent à Oued Dhous, à l’aide de pneus enflammés et autres barricades de fortune. Parmi les doléances des contestataires, figurait l’aménagement “en urgence” de leur quartier. Fort heureusement, cette manifestation a été très vite contenue par les forces de l’ordre. Cependant, la tension reste encore vive parmi les habitants de cette cité comme en témoigne le propos de Mahfoud, l’un des leaders de cette “fronde”. “Si les autorités continuent à faire la sourde oreille, on est prêts à hausser le ton et radicaliser notre mouvement», a-t-il menacé. Avant de lancer un appel au premier magistrat de la wilaya : “On demande à M. le wali de venir constater la misère qui nous entoure. Face à l’inertie du P/APC, notre seul recours, reste le premier responsable de la wilaya”.
Ramdane B.

