Les agriculteurs de l’exploitation agricole collective de Oued Aïssi, (ex D.A.C Lazri Amar), ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour cause, leur plantation ne bénéficie plus d’alimentation en eau depuis le 3 août dernier, suite à la coupure des fils électriques les reliant au réseau d’alimentation. Une coupure qu’ils imputent aux habitants des bidonvilles environnants. D’après B.M’hand, un représentant des agriculteurs qui s’est présenté à la rédaction, le problème en question touche trois EAC (exploitations agricoles collectives) qui demeurent depuis le début du mois privées d’électricité et donc d’eau. Les chutes de tension qui ont sévi sur la wilaya ces derniers temps, notamment lors du mois de carême et la période des grosses chaleurs qui s’est abattue sur la région, auraient incité les locataires des bidonvilles de Rehahlia à Oued Aïssi, à la sortie Est de la ville de Tizi-ouzou, à couper le réseau d’alimentation en énergie électrique, qui alimente les agriculteurs. « Les habitants des bidonvilles nous ont tout bonnement signifié que nous n’avions pas le droit d’être branchés au réseau d’alimentation en électricité auquel ils sont raccordés », dira, B.M’Hand, représentant des exploitants, ajoutant que le motif avancé par les habitants des bidonvilles, pour justifier leur acte, résiderait dans le fait que c’est grâce à leurs mouvements de protestation que l’électricité a pu être installée dans la région. « Et pourtant, nous avons été raccordés à ce réseau légalement et officiellement par la société de distribution d’électricité centre (SDC ex Sonelgaz) de Tizi-ouzou. Les agriculteurs ont mis la main à la poche et payé plus de 31 millions de centimes afin de bénéficier du courant au sein de cette exploitation. Notre situation est des plus légales », expliquera l’agriculteur. Selon le même représentant de la vingtaine d’agriculteurs qui cultivent la plantation d’agrumes sus citée, les démarches effectuées auprès des populations concernées n’ont pas abouti à une solution : « Nous nous sommes entretenus avec les membres du comité dit du village de ces bidonvilles. Mais nous n’avons eu aucune réponse. Le problème reste donc suspendu, et nous n’avons d’autre choix que celui d’attendre que les autorités concernées réagissent », nous déclarera M’hand. Actuellement, les cultivateurs des plantations d’agrumes ne demandent rien de plus que de voir la ligne d’alimentation en électricité rétablie, « ou alors il nous faudra trouver une autre alternative afin de pouvoir arroser nos arbres. D’autant plus qu’actuellement nous sommes obligés d’acheminer de l’eau à partir de l’Oued avec des moyens dérisoires. Nous avons frappé à toutes les portes, mais on nous oriente toujours vers la SDC qui tarde à trouver une solution à notre problème qui dure depuis le début du mois », explique-t-il. De son côté la société de distribution d’électricité centre (SDC) s’en est remise à la justice qui devra trancher prochainement sur cette affaire. En effet, contacté par nos soins, le chargé de communication de la SDC, Khelifa Djouadi, nous a affirmé : « une plainte a été déposée contre X pour agression d’ouvrage. Et là nous n’avons d’autre choix que d’attendre les résultats de l’enquête et par la suite la décision de la justice. Pour l’instant nous ne pouvons faire autrement ». Le responsable de la cellule de communication au niveau de la SDC, tout en précisant que les agriculteurs sont dans leur droit, précisera au passage qu’une de leurs équipes s’était déplacée sur les lieux, plus exactement à Rhahlia, afin de réaliser les travaux de réhabilitation de la ligne « coupée » et rétablir de ce fait le courant aux agriculteurs, « mais elle s’est heurtée aux oppositions de certains individus issus desdits bidonvilles qui l’ont empêchée de travailler. Nos agents ont été contraints de rebrousser chemin », expliquera M.Djouadi, en ajoutant : « la SDC a fait le nécessaire et le reste incombe à la justice ».
T. Ch.
