Excepté dans les communes de Béjaïa et de Toudja, le taux de suivi de la grève du SNAPAP a atteint, hier, les 100%, dans les cinquante autres communes de la wilaya de Béjaia. Réunis le 25 Août 2012, les membres de la Fédération Nationale du Secteur des Communes, affiliée au SNAPAP, ont décidé d’une grève de 08 jours à compter d’hier. Une grève qui sera sanctionnée par des rassemblements à travers les 48 wilayas.
Dans le préavis déposé auprès des ministères de l’Intérieur et des Collectivités Locales et du Travail et de la Sécurité Sociale, la FNSC a tenu à dénoncer le mépris affiché par les pouvoirs publics à l’égard des travailleurs des communes et ce malgré les divers mouvements de grève, initiés depuis le 30 Mars et jusqu’au 15 Juillet derniers, suite aux diverses intimidations à l’encontre des syndicalistes. Les communaux revendiquent entre autres, « le respect des libertés syndicales et droit de grève, l’application des indemnités pour les agents de l’état civil (prime de guichet et délégation de signature), l’intégration de tous les vacataires et contractuels en poste, la révision du statut particulier et du régime indemnitaire des corps communs, des ouvriers professionnels, des conducteurs et gardiens, l’abrogation de l’Article 87 bis de la loi 11/90, le maintien du départ en retraite sans condition d’âge, associer tous les syndicats à l’élaboration du code du travail dont le nouveau texte est encore en chantier, le relèvement de la prime de femme au foyer à 8 000,00 DA, le relèvement des allocations familiales à 2 000,00 DA par enfant sans aucune condition, la révision du mode de gestion du Fonds National de Péréquation des Œuvres Sociales (FNPOS) dont la gestion actuelle est opaque, la réintégration de tous les syndicalistes licenciés ou suspendus de leur poste de travail, l’instauration et généralisation de la médecine de travail et la création d’un centre médical propre aux communaux ». Ce mouvement de grève risque de paralyser toute l’administration locale dont le service de l’état civil est très sollicité en cette période de l’année, notamment la rentrée des classes. Conscients de l’impact de leur action, les travailleurs des communes veulent justement peser de tout leur poids, pour que les pouvoirs publics, qui ont jusque là observé un mutisme insultant à leur égard, prennent en charge leurs revendications. A signaler que la situation socioprofessionnelle des communaux est des plus lamentables, notamment avec le maintien de l’article 87 bis de la loi 11/90 qui inclut toutes les primes et indemnités dans le salaire de base. Le salaire moyen actuel dans ce secteur est de 12 000 dinars, certaines catégories perçoivent encore des mensualités inférieures à 10 000 dinars et demeurent bien loin du SNMG qui est fixé à 18 000 dinars, depuis le 1er Janvier 2012. L’absence de dialogue et le mépris affiché par le ministre de l’Intérieur envers ce secteur névralgique risque de pousser le mouvement à se radicaliser et même à perturber les élections locales qui auront lieu le 29 Novembre 2012, ce qui est, d’ailleurs, exprimé dans les déclarations des travailleurs que nous avons approchés.
B. R.
