l Il est ainsi de ces expressions, comme des décisions d’ailleurs, de certains responsables locaux, qui tombent dans l’oubli en un rien de temps. C’est le cas à Bouira pour le projet de rendre la ville propre et en faire un modèle pour « la réconcilier avec la nature ». Cependant, au fil du temps, le chef-lieu de wilaya semble s’être « réconcilié » plutôt avec ses mauvaises habitudes et la saleté a fini par reprendre le dessus. Lundi dernier, à quelques encablures de la gare routière, et plus précisément au niveau de la cité des 36-Logements LSP, un torrent d’eaux usées, émanant d’une canalisation éventrée en pleine nature au grand dam des riverains et des piétons. Les habitants, résidant dans cette cité, nous disent ne pas savoir à qui s’adresser pour prendre en charge leurs doléances. « Nous sommes 36 familles à résider ici, en plus des huit services qui ont loué des locaux, et nous souffrons du laisser-aller des autorités… Chaque hiver, la boue envahit les cages d’escalier des blocs A1 et A2, cela est dû à l’absence d’un mur de soutènement derrière les bâtiments. Un mur qui figure pourtant sur le plan et le cahier des charges », nous révèle M. Saâdou. Toutefois, notre interlocuteur précise que le wali a instruit les services concernés pour résoudre ce problème, mais sans aucune suite, M. Adjrad, également résidant dans cette cité, craint pour la santé de ses enfants : « L’hiver approche et la pluie s’infiltre dans nos appartements, les tuiles doivent être remplacées pour éviter la dégradation des logements, d’autant plus que l’humidité et le froid risquent de nuire à nos familles… Nous avons saisi toutes les autorités mais rien n’a été fait ». Il est vrai que les immeubles en question ne paient pas de mine, et les façades auraient grand besoin d’être repeintes. Les habitants de la cité s’insurgent contre toute cette insalubrité, et ils affirment que les rats envahissent régulièrement les cages d’escalier. Un simple coup d’œil sur le quartier de la gare routière, et les dires des résidants de la cité se confirment. C’est une situation très alarmante, l’hygiène n’est toujours pas au rendez-vous, et les sempiternelles mares d’eau nauséabondes écœurent les riverains. Mais, ces jours-ci, alors que l’intérieur de la gare routière est désertée par les propriétaires de fast-food, Ramadhan oblige, c’est une faune assez répugnante qui s’est appropriée les lieux. Nous avons pu le constater de visu, des rats d’égouts se baladent en plein jour, sans être effrayés le moins du monde par les rares passants qui s’y aventurent. Ce serait même plutôt le contraire. La proximité du marché serait la cause de la prolifération de cette vermine qui se régale des déchets abandonnés à l’intérieur du souk. Même topo sur certains trottoirs de la ville, à proximité des bennes à ordures où ils s’approvisionnent ». Les Bouiris ne comprennent pas les relâchements des services concernés. Pourtant, on se rappelle que durant la première semaine du Ramadhan, des agents de la municipalité avaient passé au peigne fin les quartiers de la ville, en s’affairant au ramassage des sachets noirs « ornant » les différents coins du chef-lieu de wilaya. La dératisation devrait cependant être la priorité des pouvoirs publics car il y va de la santé de tous les citoyens face au danger que représentent ces immondes bestioles.
Hafidh B.
