L’ambassadeur des Etats Unis en Libye ainsi que trois autres diplomates américains ont été tués, mardi soir à Benghazi, par des hommes armés.
Après celui de 2001, dont la commémoration a, cette année, été sobre dans le pays de l’oncle Sam, voilà un autre 11 septembre que les USA n’oublieront pas de sitôt. Certes, celui-ci a été moins sanglant qu’en 2001, mais toujours est-il qu’il y a eu mort d’hommes, et pas des moindres. Il s’agit de quatre diplomates, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, qui ont péri à Benghazi suite à l’attaque du consulat par un groupe armé. Un groupe qui protestait, en fait, contre le film d’un réalisateur israélo-américain dont le contenu a été jugé insultant pour l’islam. Le même film a aussi engendré des manifestations, mardi, en Egypte. La réaction fut toutefois plus violente en Libye où les quatre diplomates ont été tués. Des informations rapportent que des hommes armés se sont attaqués au consulat américain à Benghazi, en usant de roquettes. Des explosions des bombes artisanales ont été entendues par des témoins, qui parlent également d’affrontements entre ces hommes armés, dont des salafistes, et les forces de sécurité libyennes. D’autres sources affirment que les soldats libyens chargés de sécuriser le consulat, ont quitté les lieux, craignant vraisemblablement pour leurs vies, tant l’attaque fut, rapporte-t-on, d’une rare violence. L’ambassadeur aura trouvé la mort, selon des sources concordantes, après suffocation au monoxyde de carbone. Des images qui ont circulé sur le net, hier, montrent que le diplomate américain a été tout simplement lynché par des hommes en furie. Selon des sources sécuritaires locales, citées par l’AFP, tout ce qui se trouvait sur leur passage dans les locaux du consulat a été saccagé. Réagissant à ce drame, hier, le président américain, Barak Obama, a condamné cette tuerie. De leur côté les autorités libyennes ont demandé des excuses auprès du gouvernement des USA. Quoi qu’il en soit, cet incident, le premier du genre depuis la chute de Kadhafi en octobre dernier, en dit long sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la ville de Benghazi, fief de la révolution et où les milices armées font la loi. Par ailleurs, il est fort à craindre que « la furia » contre le film en question ne s’arrête pas là. Le film est fortement décrié notamment en Egypte et en Afghanistan. Avant-hier, en Egypte, quelques 2000 manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade américaine au Caire, où ils ont escaladé la façade et arraché le drapeau américain qu’ils ont remplacé par un étendard noir. En Egypte, toujours, des appels à une manifestation, pour vendredi prochain, ont été également été lancés. Une manifestation de coptes est, également, prévue en soirée devant l’ambassade des Etats-Unis au Caire, à l’appel de plusieurs groupes de cette communauté chrétienne d’Egypte. Paradoxalement, la presse égyptienne et des prédicateurs radicaux ont fait part que des coptes vivant aux Etats-Unis seraient impliqués dans la réalisation du film.
M. O. B

