Bras de fer entre les communaux et leur tutelle – Et ça repart pour une autre grève

Le Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique (SNAPAP) a engagé plusieurs actions de protestation dans divers secteurs.

Hier mardi, c’était au tour de la Fédération Nationale du Secteur des Communes (FNSC) d’engager un bras de fer avec le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales et celui du Travail et de la Sécurité Sociale, en entamant une autre grève de huit (08) jours qui s’étalera jusqu’au mardi 02 octobre. Après la précédente grève de même durée enclenchée à partir du 04 septembre dernier et les différents sit-in, tenus dans la majorité des wilayas, des actions qui sont qualifiées de réussies par leurs initiateurs et ce par la forte mobilisation des communaux. Ait Khelifa Azzedine, le président de la FNSC, a indiqué qu’ « aucune considération n’a été accordée à la plateforme de revendications qui comporte 15 points » de la part les ministres de tutelle et d’ajouter que « cette fuite en avant et le mépris affiché par les pouvoirs publics ne font qu’exaspérer les travailleurs des communes », ce qui risque d’envenimer encore plus la situation. En effet, ce secteur névralgique de la fonction publique, qui compte dans ses rangs plus de 500 000 fonctionnaires, a entamé des mouvements de contestation depuis le mois de mars 2010 avec à son actif plusieurs grèves, sans que les pouvoirs publics daignent réagir. Ce “black out” voulu par la tutelle a poussé les communaux à radicaliser leur mouvement de protestation, après la grève cyclique de 03 jours, ils sont passés à celle de 08 jours. Des actions qui ont affecté la population. A chaque reprise, des chaînes interminables pour l’établissement des pièces d’état civil, des tonnes d’ordures ménagères à tous les coins de rue, d’ailleurs, la récente mesure interministérielle, consistant en le lancement d’une campagne nationale pour le nettoyage des villes l’atteste. L’approche des élections locales pourrait inciter les communaux à radicaliser encore plus leurs actions, surtout que les citoyens sont de plus en plus acquis à leur cause, trouvant aberrant qu’un éboueur contractuel ne perçoive encore qu’un salaire de 10 000 dinars, qu’un agent d’état civil touche moins de 9000 dinars et que certains sont employés à 6000 dinars (filet social). Une situation qui a poussé plusieurs employés à se suicider, notamment en Kabylie. D’après toujours Azzedine Aït Khelifa : « le seul moyen d’améliorer le vécu des travailleurs communaux est la hausse de certaines primes et l’abrogation de l’article 87 bis de la loi 90/11 ». A titre de rappel, la plateforme de revendications, que les communaux comptent défendre “becs et ongles “, comporte 15 points : le respect des libertés syndicales et le droit de grève, révision et unification des statuts particuliers des travailleurs communaux tous corps confondus, révision du régime indemnitaire de tous les travailleurs des communes, l’intégration de tous les contractuels, vacataires, pré emploi et filet social dans leur poste quel que soit leur diplôme, l’implication du partenaire social dans la gestion des carrières des travailleurs, l’abrogation de l’art 87 bis de la loi 90/11, le maintien de la retraite sans condition d’âge, la valorisation du point indiciaire à 100%, l’augmentation de l’indemnité de la femme au foyer sans condition à 8 000 dinars, l’augmentation des allocations familiales à 2000 dinars sans aucune condition, revoir la gestion de l’FNPOS, participation du partenaire social à l’élaboration du code du travail , la réintégration de tous les syndicalistes licenciés ou suspendus arbitrairement, la réhabilitation de la médecine de travail avec la création d’un centre médical spécialisé pour les communaux et enfin l’application de l’indemnité de délégation de signature et la prime de guichet pour le personnel de l’état civil. A signaler qu’en ce qui concerne les allocations familiales, seul ce secteur, continue à les percevoir à raison de 300 dinars par enfants, alors que tous les fonctionnaires des autres secteurs de la fonction publique touchent 600 dinars. En plus de la grève, les travailleurs comptent organiser un rassemblement devant le palais du gouvernement et comptent réussir là où les autres travailleurs ont échoué.

B. R.