L’huile d’olive, ce nectar béni, oléagineuse aux mille vertus, aliment de base dans la cuisine kabyle, ne va certainement pas accommoder toutes les sauces, tant sa production connaît une baisse sensible à l’occasion de la campagne version 2004/2005. En effet, selon les chiffres obtenus auprès de la chambre de l’agriculture de la wilaya de Bgayet, il a été engrangé à fin février 2005, 8,5 millions de litres pour une production prévisionnelle de 10,4 millions de litres. Au total, ce sont quelque 500 000 quintaux d’olives qui ont été triturés, ce qui donne un rendement au quintal de seulement 17 litres. Ce bilan maigrichon contraste terriblement avec celui de la saison écoulée caractérisée par un pic de production, pulvérisant tous les records : 26,8 millions de litres obtenus et un rendement au quintal de 19,17 litres. C’est, en somme la saison des vaches maigres, même si, bon an mal an, le paysan a toujours su s’accommoder des humeurs fantasques du climat, facteur-clé dans les fluctuations de production. «Après les résultats exceptionnels de l’année dernière, il fallait s’attendre à ce que cette année soit contre productive», nous affirmera un oléiculteur, qui n’est pas surpris outre mesure que la production tombe si bas. Les responsables de la chambre de l’agriculture parlent du «phénomène d’alternance» pour expliquer l’évolution en dents de scie des résultats et égrènent une litanie de facteurs qui, selon eux, peuvent tous, peu ou prou, avoir des incidences négatives sur la production de l’olivier. Il est question du mode de conduite de l’arbre tels que les mauvaises méthodes de récolte (gaulage), le manque d’entretien, l’absence d’apports en fertilisants. Les longs séjours de stockage avant trituration (qui ne devraient guère dépasser 4 jours) et l’emballage inadapté (jute) sont identifiés comme étant à l’origine du rancissement et de l’acidité élevée du produit fini. Il y a, enfin, le dacus, un parasite signalé dans toutes les oliveraies de la wilaya, mais dont une partie dérisoire (106 ha seulement) bénéficie d’un traitement dans le cadre du FNRDA (Fonds national de régulation et du développement agricole).
Nacer Maouche
