…Débrayage à l’ex école paramédicale également

Après les mille et une grèves cycliques qui ont touché le secteur de la santé à travers le territoire national, c’est au tour des travailleurs des corps communs de l’institut supérieur de la formation des sages femmes de Tizi-Ouzou, affiliés à la section syndicale de l’UGTA, d’entrer en grève. En effet, ces travailleurs ont renoué avec un mouvement de protestation s’étalant sur deux jours, à savoir, hier et aujourd’hui. Dans la matinée d’hier, ils étaient plusieurs dizaines de travailleurs, dont des paramédicaux et des agents, à tenir un sit-in devant le siège de la direction de l’ex école paramédicale de Tizi-Ouzou, qui, selon les syndicalistes, pour la première fois de son histoire, est paralysée à 100%. « Nous sommes en grève les 22 et 23 octobre. Nous réclamons la satisfaction de nos revendications, tout en dénonçant le retard enregistré dans le payement des salaires des travailleurs, sachant que nous sommes à la veille de l’Aïd, et vous pouvez imaginer les désagréments engendrés par ce retard », expliquera un syndicaliste qui ajoutera : « Nous réclamons également l’augmentation des indemnités de 25%, ainsi que le payement de la prime de rendement à 40%. Mais la plus importante revendication, pour le moment, reste la perception de nos salaires avant l’Aïd, car la plupart des travailleurs sont des pères de familles, ils ont des femmes et des enfants à nourrir et à habiller. C’est décevant de voir que 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, les travailleurs se plaignent encore de ce genre de problèmes ». « La revalorisation des salaires, des primes de panier et du transport, la révision de la grille des primes et indemnités, l’application de la retraite proportionnelle, l’intégration des travailleurs contractuels en tenant compte de leurs diplômes, la reclassification des chauffeurs, ainsi que la généralisation de la prime de contagion à tout le personnel », sont les principales revendications des grévistes. « Un énième mouvement de protestation sera observé à la place du 1er mai à Alger, demain (ndlr aujourd’hui). Nous avons récemment enclenché un mouvement de grève de trois jours, mais en vain, rien n’a été fait », dira un autre syndicaliste. En marge de cette action de protestation, les travailleurs ont tenu à souligner leurs regrets vis-à-vis du changement de statut de l’ex école paramédicale en un institut spécialisé dans la formation des sages femmes. Dans ce contexte, les travailleurs ont lancé un appel aux autorités concernées afin de revoir cette décision. Ils appellent, également, les enseignants ainsi que toutes les personnes concernées à entreprendre des actions de protestation contre cette décision, car le basculement de cette école paramédicale en un institut spécialisé est, selon ces syndicalistes, « une grande perte pour la Kabylie ».

Samira Bouabdellah