M’Chedallah Elles occupent des locaux datant de l’ère coloniale – L’inspection et la conservation des domaines mal logées !

Ce sont deux services des plus névralgiques, qui accueillent ensemble une moyenne de 100 visiteurs par jour, notamment des citoyens qui sollicitent ces deux organismes pour divers documents relevant du secteur des finances et dont la compétence territoriale s’étend sur deux daïras, M’Chedallah et Bechloul.

Malheureusement, le local qui abrite ces deux services, en plus d’être perdu dans un coin reculé et son emplacement dans un labyrinthe donc difficile à atteindre, offre un décor des plus lamentables qui frôle le délabrement. D’entrée, c’est la vision choquante d’un portail d’entrée dont les deux grandes portes en fer sont cabossées, ne tenant debout que grâce à un fragile équilibre. Derrière ces portes a été réalisée, en dur, d’un coté une niche à ordures d’où déborde un énorme tas de cendre mouillée répugnante, issue de l’incinération de divers détritus. En face, est aménagé…le compteur du gaz de ville, dont une partie de la niche de protection s’est effondrée. Les deux niches ne sont séparées que par un espace de 04m, une cohabitation aussi insolite que dangereuse, d’autant plus que la tuyauterie du gaz de ville fait montre d’une usure assez remarquable. Bien mieux, derrière le mur qui porte le compteur et l’installation, se trouve l’école primaire Lamri Abdallah. Une fois ce portail franchi et la vision de ce choquant décor surmontée, l’on avance dans une allée en terre battue truffée de nids de poules, pour être accueilli par le premier édifice qui abrite le service des impôts, dont les murs porteurs sont parcourus de fissures qui donnent la chair de poule. Ce local, avec ses façades délabrées, étant fermé lors de notre passage, nous n’avions pu en visiter l’intérieur qui ne doit certainement pas être différent de l’extérieur. C’est derrière cet édifice, ancien et vétuste lui aussi, que se trouvent les deux organismes évoqués, les trois se partagent une courette non aménagée où traînent toutes sortes de détritus, en plus des feuilles mortes tombées de quelques arbres d’ornement touffus mal entretenus. A l’intérieur, deux rangées d’une dizaine de bureaux sont séparées par un long et étroit couloir mal éclairé où règne une pénombre qui fait de ces lieux un semblant de… prison avec tous les ingrédients réunis. L’usure est partout, un taux d’humidité assez élevé et une boiserie ancienne et usée, ajouté à l’absence de l’indispensable aération, et nulle trace de la clarté du jour. Ce couloir n’étant éclairé que par une lumière blafarde du plafonnier, apporte une touche finale au décor déjà peu reluisant. L’intérieur des bureaux n’est pas logé à meilleure enseigne, avec des murs sur lesquels sont visibles des traces d’infiltration des eaux de pluie, à partir de la toiture en tuile. Le mobilier des bureaux, lui aussi, est ancien, exception faite des micro-ordinateurs, avec cependant l’indispensable raccordement au réseau Internet non encore effectué nous apprend-t-on sur place. Tout comme l’absence d’une, non moins indispensable, salle d’attente pour ces deux services où défilent des dizaines de citoyens à longueur de journée, avec une affluence record durant les jours de visite. Rappelons que cette description, plutôt décevante, concerne un édifice qui abrite deux services relevant de l’un des secteurs les plus nantis et les plus prestigieux, celui des Finances, auquel s’adapte parfaitement l’adage du « cordonnier mal chaussé », cela au moment où des secteurs de moindre importance s’offrent de véritables palais pour abriter leurs services.

 Oulaid Soualah