La ville de Tazmalt ne cesse de se distinguer par un grand vide culturel malgré l’existence d’artistes de talent, qui ont préféré jusque-là rester à l’écart. C’est ainsi que parmi les différentes troupes théâtrales, composées de jeunes comédiens de haut niveau, disparaissaient après seulement quelques mois d’existence, en raison notamment de l’absence d’un encadrement de qualité même si les infrastructures conçues à cet effet existent. Si le théâtre a toujours été un art et un moyen d’expression pour faire passer les messages, pour certains, c’est devenu un moyen de se remplir le poches, et les vrais artistes fuient cet environnement défavorable. D’ailleurs, c’est le cas d’anciens comédiens qui ont évolué au sein de différentes troupes telles AZAR (les racines) ou IMSOUKAL (les voyageurs) qui ont quitté ce milieu pour se lancer dans le cinéma amateur avec la réalisation, en cours, de plusieurs courts métrages ainsi que des caméras cachées. Bouguera Omar et Merabtine Ghani sont les initiateurs de ce projet, parmi une composante de douze jeunes acteurs qui ne ménagent aucun effort pour leur réussite dans le cinéma. Différents thèmes sont traités, plus particulièrement les fléaux sociaux, la délinquance et d’autres sujets d’ordre social. Pour réussir leur premier pas dans cet art, les comédiens ont fait appel aux services de M. Mahia Ahmed, un ancien acteur des années 80 qui a fait ses débuts avec le défunt réalisateur et metteur en scène Mahmoud Assam, qui a à son actif une vingtaine de courts métrages qui se sont distingués tels que «Écrit pour mourir », « Espoir brisé », « cinéaste en détresse », « Ennemi sans visage », « la haine poursuivant l’innocent » et « le crime était presque parfait », pour ne citer que ceux-là. Parmi tous ces films qui ont marqué le parcours de Mahia Ahmed, ce dernier nous fera savoir que c’est « le cinéaste en détresse », réalisé à l’époque par une camera super 8 et traitant, déjà à l’époque, de la mort de la culture à cause de la censure, et où le court métrage relatait l’enterrement d’une caméra, d’un violon, d’un livre et d’un journal. Pour la réussite d’un tel projet, les acteurs, et en l’absence de moyens, ont dû faire appel à l’association socioculturelle du village Rodha, qui a mis à leur disposition les moyens nécessaires pour aller très loin dans le domaine du cinéma.
Achiou Lahlou

