«Le ministère de l’Éducation nationale compte élaborer un bilan d’étape de la réforme scolaire engagée depuis 2003, pour corriger certains points qui relèvent uniquement du secteur, comme l’allègement ou la révision des programmes.
Ce bilan sera dressé à partir du mois de janvier 2013 ». Cette annonce a été faite par M. Abdelatif Baba Ahmed, ministre de l’Éducation nationale qui s’est exprimé hier matin, sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale. Il s’agit, selon le ministre de tutelle, de tenter de recenser les points forts et les points faibles de cette réforme, et de trouver par la suite, les solutions pour surmonter les difficultés qu’a connues le secteur de l’Éducation. « Si on revient aux objectifs de la réforme, disons que nous avons atteint l’objectif de la quantité au début du siècle (2000). Reste à surmonter le défi de la qualité et préparer les générations futures à la compétition, en ayant un volume de connaissances scientifiques et technologiques, pour que l’Algérie ait des ressources humaines, en mesure de prendre en charge son développement », a-t-il fait savoir. D’après le premier responsable du secteur, « la qualité de l’éducation ne peut être améliorée que par un appui à l’enseignant qui doit être formé et ne doit pas se contenter seulement d’un niveau universitaire ». Mais, dira-t-il, il faut aussi que l’enseignant maîtrise les techniques pédagogiques, les techniques d’évaluation, la psychologie de l’enfant. Il enchaîne : «En outre, on ne pourra pas avancer, tant qu’une évaluation objective du système éducatif ne sera pas établie ».
Vers la création du Conseil national de la formation et l’Observatoire de l’éducation
Par ailleurs, le ministre de tutelle a promis « la création du Conseil national de l’éducation et de la formation et l’Observatoire de l’éducation, au cours de cette année scolaire, à partir de janvier 2013 ». Il s’agit, selon lui, d’organes externes qui ne sont pas sous la tutelle du ministère de l’Éducation. Ils peuvent apporter des observations et des critiques. Sur un autres registre, le ministre estime que « l’administration a besoin d’être secouée pour se mettre au diapason de ce qui se fait à travers le monde. Nous sommes engloutis par une administration un peu vieillissante ».
Pour l’invité de la radio nationale, le secteur de l’Éducation pêche, selon lui, par un manque de management dans le suivi des opérations. Il a cité à cet effet, l’exemple « de la faiblesse de l’introduction et de l’informatique dans le système scolaire, liée à un retard de livraison de matériels et d’équipements ».
Défaillances dans l’enseignement des langues.
En outre, le ministre a reconnu l’existence de défaillances dans l’enseignement des langues au niveau national. « Actuellement, certaines classes n’ont pas d’enseignants. Pour faire face au déficit actuel, nous avons fait appel à des retraités et à des contractuels », a-t-il dit. Et d’ajouter que, « le programme de formation ne suit pas d’une manière correcte le flux des élèves qui arrive aux écoles, c’est pourquoi, j’ai proposé que ce déficit soit comblé par le recours aux enseignants partis à la retraite qui ont beaucoup donnés et qui peuvent encore donner ».
Le ministre plaide pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement
M. Baba Ahmed a plaidé pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement, à travers la formation des formateurs. « Cela permet périodiquement aux enseignants d’améliorer leur niveau et d’être au courant des nouvelles méthodes pédagogiques », a-t-il souligné. Il a reproché à l’administration de ne pas pouvoir organiser concrètement ces formations. « Les enseignants trouvent également des difficultés à participer à ces cycles, en raison de leur coïncidence avec les périodes de congé », a-t-il encore indiqué. Le ministre a relevé qu’il n’y a pas beaucoup d’enseignants ayant le niveau bac+5, pour assurer des cours dans le secondaire. Pour lui, « les conditions nécessaires pour former les formateurs aux TIC et introduire celles ci, dans le système éducatif, ne sont pas encore réunies. Nous accusons un retard pour atteindre les objectifs fixés par la réforme », a t il reconnu. Pour ce qui est en outre, de la surcharge des classes, le ministre a annoncé la mise en place d’un Conseil national des programmes, au début de janvier 2013, qui aura pour rôle « d’observer, de faire des critiques et d’apporter ainsi les corrections nécessaires». « Nous allons essayer de rattraper le retard. Nous menons actuellement une action pour sensibiliser les walis, pour qu’ils mettent le paquet et terminer les travaux de construction des établissements scolaires », a t il souligné.
L. O. CH.
