Commémoration des évènements du 11 décembre 1960 – Tizi-Ouzou fut au rendez-vous

Dans le cadre de la commémoration du cinquante-deuxième anniversaire des événements du 11 décembre 1960, la Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou abrite, depuis la journée d’avant-hier, différentes festivités célébrant cette journée historique.

En effet, les organisateurs de cette manifestation ont concocté un programme riche et varié. Au menu, une exposition de différents articles, photos et documents émanant des archives du musée du Moudjahid de M’Douha, qui a été installée au niveau du hall de cette enceinte. Par ailleurs, plusieurs conférences-débats ont été animées, en matinée, au petit théâtre, par des Moudjahidine et des enseignants d’histoire, où les conférenciers ont rappelé à l’assistance les circonstances dans lesquelles se sont déroulées ces manifestations. Il y eut notamment le témoignage du Moudjahid Abdelmadjid Djouab, qui dira : «Nous avons vécu l’enfer durant cette époque, mais nous nous sommes battus jusqu’à la fin. Résultat, après tant de sacrifices, l’Algérie a arraché son indépendance, mais j’avoue qu’aujourd’hui, quand je vois ce qui se passe, je suis malheureux. Certains, à l’image de cet ex ministre français qui a fait un geste obscène envers l’Algérie, insultent le peuple algérien, un peuple qui sera toujours, malgré eux, un et indivisible. Par ailleurs, quand je marche dans la rue, j’entends des jeunes d’ici, qui insultent la nation algérienne juste parce qu’ils sont confrontés à un quelconque problème. Il faut leur rappeler que c’est grâce à un million et demi de martyrs qu’il vivent libres dans leur pays, aujourd’hui». Pour conclure, ce moudjahid, qui a vécu les événements historiques du 11 décembre ainsi que la période de la révolution, donnera rendez-vous aux citoyens le 19 mars prochain, «pour plus de vérités et de choses que vous ignorez encore, alors venez nombreux !». Ce fut, ensuite, au tour de Dr Salhi Mezhoura, enseignante d’histoire, de faire part aux présents de ses recherches qui portent sur ces événements. Par ailleurs, durant l’après-midi, un film intitulé «Le vent des Aurès» de Mohamed Lakhdar Hamina, a été projeté au niveau de la grande salle de la Maison de la culture. Ce film compte parmi les classiques de la cinématographie algérienne, il a été produit et projeté pour la première fois en 1966. Il raconte l’histoire d’une mère qui était, désespérément, à la recherche de son fils raflé par l’armée française et incarcéré plusieurs semaines, dans un camp. Avec courage, elle défiait les soldats français pour le retrouver, allant d’un camp à un autre. Son obstination l’amène, enfin, à trouver le camp dans lequel se trouvait son enfant, et d’y revenir jour après jour, indifférente aux menaces et aux intimidations des soldats français, et animée par le plus pur et le plus fort des sentiments humains, «l’amour d’une mère». Un autre film intitulé «El-Fidaï» a été également projeté. Enfin, pour leur part, des élèves de différents établissements de la wilaya de Tizi-Ouzou se sont dirigés, durant la même journée en après-midi, au musée de Tizi-Ouzou pour une visite guidée. Une autre visite était prévue au musée du Moudjahid d’Alger (Riad El Feth), au profit des élèves, pour la journée d’aujourd’hui.

Samira Bouabdellah