Pas de hausse du prix de l’essence

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Le ministre des Finances a présenté hier le projet de la loi de finances 2006 lors d’une séance plénière à l’APN. Contrairement aux députés qui semblaient, outre mesure, peu convaincus du prix de référence du pétrole sur lequel a été élaboré la loi de finance 2006, le ministre des Finances, Mourad Medelci a expliqué que le prix maintenu permettra non seulement d’assurer un équilibre économique durant la période 2005-2009 mais « également à sécuriser et à contribuer, à moyen terme, à la progression de la dépense publique ». Quoi que, ajoutera le ministre, le prix retenu qui est de l’ordre de 19 dollars, au lieu de 34 de dollars, « n’a pas d’effet limitatif sur la dépense publique ». Comme pour appuyer ses dires, le représentant de l’Etat a cité le niveau du déficit budgétaire et celui du Trésor qui ont atteint respectivement l’an dernier 963.5 milliards de DA et 769.9 milliards de DA. Pour 2006, La dépense budgétaire est évaluée à 2 631.4 milliards de DA soit une augmentation de 14.3% de plus que celle de l’an dernier, dont 1 348 milliards de DA sont alloués au budget d’équipement et 1 283.4 milliards au budget de fonctionnement. Ce qui induira un ratio de déficit rapporté au PIB de 16.8% pour le solde budgétaire et de 13.4% pour le solde global du Trésor.

Comment y parvenir afin de pallier les carences ? 13 milliards de dollars de la dette extérieure remboursésMedelci a indiqué dans ce contexte, que le déficit budgétaire sera pris en charge à hauteur de 40 % par le compte courant du Trésor, 51% au marché intérieur et 9% des financements extérieurs sous forme de crédits concessionnels. Interpellé, en revanche, sur le rôle du Fonds de régulation des recettes quant à la prise en charge de la dépense, le premier argentier du pays a indiqué que la loi algérienne interdit d’utiliser les ressources du Fonds pour pallier les déficits. Les ressources du Fonds estimées actuellement à 1504 milliards sont exclusivement réservées au rembourement des dette extérieure et intérieure, précise le ministre des Finances qui a ajouté, dans la foulée, “qu’au mois de septembre 2005, le Fonds a remboursé 900 milliards de DA, l’équivalent de 13 milliards de dollars de la dette extérieure”. Plus optimiste, Medelci a souligné “que la dette extérieure baissera à 16 milliards de dollars à la fin 2006”. A la question de connaître le volume de la dette que l’Etat prévoit de régler l’année prochaine, l’orateur a avancé, pour couper court à toutes supputations, « que nous ne pouvons pas parler d’une dette sauf si elle est payée ». Evoquant le volet des importations et exportations, le premier argentier du pays a fait savoir qu’avec le niveau du taux de change retenu pour 2006 de l’ordre de 74 DA pour 1 dollar US, il est attendu l’accroissement de 8% du rythme des importations par rapport à 2005 pour s’établir à 22.2 milliards de dollars. Pour ce qui est des exportations en matière d’hydrocarbures, la projection sur la base d’un prix du baril de pétrole brut à 19$ donne un chiffre d’affaires, indique Medelci, de 18.2 milliards de dollars. Quant aux exportations hors hydrocarbures, elles sont évaluées à 700 millions de dollars US.

Le taux de chômage chutera à 16% en 2006Outre les mesures inscrites dans le cadre du projet de loi de finances 2006, un plan pour la promotion de l’emploi a été élaboré. Selon Medelci, le budget de l’Etat augure la régression du taux de chômage. « Le taux de chômage qui est actuellement de 17.7% baissera à 16% en 2006 », estime l’orateur avant de préciser que dans le cadre du projet en débat, l’Etat prévoit la création de pas moins de 22 503 postes budgétaires pour les institutions et administrations publiques et 462 565 emplois /an à travers le dispositifs de promotion de l’emploi, dont 176 000 dans le secteur de l’agriculture.

Les observations des députésAu court du débat, plusieurs aspects ont été évoqués. Khaled Ben Aïssa, député FLN a plaidé pour l’introduction d’un article à la loi de finances de 2006 stipulant l’abrogation de loi qui interdit l’importation des voitures de moins de trois ans.  » Il faut l’abroger ou du moins l’amender en faveur des invalides de la Guerre », a-t-il dit. Le représentant du MRN a pour sa part évoqué le sujet relatif à l’importation des boissons alcoolisées tout en déplorant le fait que la décision prise à l’APN n’a pas été respecté par le Gouvernement. “Ce qui remet en cause, a-t-il fulminé, le statut du député”. Celui du MSP s’est interrogé sur l’état d’avancement du projet « cents magasins dans chaque commune ». Le représentant du PT a, quant à lui, remit sur le tapis le dossier des salaires qui selon lui, “est en état de stand-bye”. Enfin il y a lieu de souligner que les débats continueront jusqu’à jeudi prochain et le vote est prévu pour le 16 octobre.

Wassila Ould Hamouda

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