Hôpital, dites-vous ?

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Officiellement, la wilaya de Béjaïa dispose d’un centre hospitalo-universitaire, depuis la fin de l’année 2009.

Et pourtant seuls quelques services dirigés par une poignée de professeurs, de quelques maîtres assistants et, majoritairement, des médecins généralistes fonctionnaient au jour de l’installation de son directeur général. Cette dernière n’est du reste intervenue qu’à la mi-novembre de l’année en cours, soit trois années après la création, par décret du 6 octobre 2009, de ce CHU qui est censé couvrir les besoins d’un million d’habitants. Le service de cardiologie, indispensable dans un CHU, est inexistant à ce jour. Le bloc opératoire ne désemplit pas et pourtant des patients devant se faire opérer pour de simples vésicules attendent depuis des mois, pour ne pas dire des années. Ce n’est pas l’absence de chirurgiens qui en est la cause, mais plutôt les produits nécessaires à la pratique de l’opération qui font défaut. Il y a, selon le personnel paramédical, un manque flagrant d’anesthésie et de fils de suture. Le nouveau directeur général du CHU, reconnaît (voir entretien) que le service de chirurgie n’est pas performant. Manque de radiologues, d’urologues, d’ophtalmologues et d’autres spécialistes, caractérise cet hôpital universitaire. Alors qu’il n’est pas encore inscrit pour en bénéficier d’une éventuelle enveloppe, le projet du CHU de Béjaïa, devant être réalisé sur l’assiette de terrain de Sidi Boudrahem, ne sera pas lancé de sitôt. En attendant, dans la précipitation, il a  été décidé de réunir les structures des hôpitaux de Khellil Amrane, Frantz Fanon et de la clinique « Mère et Enfant » de targua Ouzemour pour en faire un CHU provisoire. Outre l’inadéquation de ces structures sanitaires qui ne peuvent remplacer un véritable centre hospitalo-universitaire et le manque de spécialistes, il y a aussi un laxisme dénoncé par la majorité de la population qui se heurte à des difficultés, notamment au niveau des services des urgences. Le service de réanimation est qualifié de « mouroir » par les citoyens. Son chef de service se défendra et dira que ce dernier « vient d’être rénové et bien équipé. » Pour ce qui est des décès qui y surviennent, il dit que « le taux avoisine les 35%, alors que les normes internationales oscillent entre 40 et 60 %. » L’amélioration des prestations dans le CHU passe, avant tout, par le recrutement de professeurs spécialistes et pour cela, il faut mettre à leur disposition les moyens nécessaires.  Parmi ces derniers, en attendant la réalisation du CHU, les responsables doivent louer des appartements de haut standing pour accueillir ces professeurs. Les services de ce centre hospitalo-universitaire ont loué une quarantaine de logements, tous occupés au jour d’aujourd’hui. Certes, il y a une promotion immobilière qui est en voie d’achèvement, mais qui en bénéficiera ? Les professeurs de l’université ou les professeurs du CHU ? Beaucoup de questions restent posées, en attendant des jours meilleurs pour ce CHU, dont rêvent les citoyens de Béjaïa.        

 A. Gana. 

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