Les deux hommes de terrain du CA Fréha, à savoir le président Boualem Iguerbousbane et le trésorier, Ferhat Arezki, ont choisi les colonnes de notre journal pour se confier et se défendre des accusations proférées à leur encontre. Ils tiennent à s’expliquer, à travers cet entretien, devant l’opinion publique d’Ath Djennadh.
La Dépêche de Kabylie : Le CA Fréha se trouve dans une situation très critique et vous êtes les premiers critiqués. Comment expliquez-vous cela ?
Boualem Iguerbousbane et Ferhat Arezki : Avant de commencer, nous tenons, tout d’abord, à démentir les accusations émises à notre encontre par certaines personnes qui nous ont critiqué sur ces même colonnes, pour des raisons purement politique. Aujourd’hui, il est temps pour que nous donnions notre version des faits et éclairer l’opinion publique, notamment celui des gens d’Ath Djennadh. En effet, en 2009, lorsque nous avons pris les aventures du club, nous l’avons trouvé dans un état comateux. Les ex-dirigeants ont organisé trois AG, sans que personne ne se prononce candidat pour présider le club. Avant la date butoir d’engagement à la ligue régionale, le club se trouvait en régionale II, en 2009. De peur de voir le club déclaré forfait et de voir ses milliers d’athlètes livrés à eux-mêmes, on a décidé par « Nif » de prendre les brides du club. À ce moment là on n’a rien trouvé il n’y avait ni les moyens, ni encore les joueurs, et cela, à quelques jours seulement du début de la compétition. On n’était pas venu pour concurrencer, au contraire, c’était pour sauver le club du purgatoire.
Mais, on vous reproche plus d’avoir mené le club à la dérive !
C’est eux qui ont détruit le club, au moment où nous avons fait de notre mieux pour le redresser et le remettre sur les rails. On n’a pas cessé de demander leur aide, serrer la main dans la main et éviter de mener notre cher club à la dérive, mais personne ne nous a aidé. Ils ne savent que critiquer dans le vide et de loin, au lieu de nous aider dans notre délicate tâche. On a fait de notre mieux pour sauver le club qui s’est rétrogradé à l’honneur de wilaya à l’époque, car l’essentiel était de s’engager et d’éviter la dissolution du club, qui aurait fait un scandale pour notre commune. Je me rappelle que ce jour là que Ali Iguer (président du CCS) avait refusé de nous signer les demandes de licences pour des raisons que j’ignorais. Ils nous n’ont pas seulement refusé de nous aider, mais ils ont décidé également, de mettre les bâtons dans les roues. La section du volley-ball, dont les minimes ont honoré les couleurs du club, la saison passée, ont eu toujours leur part de subventions et la section a été toujours prise en charge et ses responsables sont là pour en témoigner. Sportivement, on n’a pas eu malheureusement de bons résultats, mis à part l’accession du pré-honneur à l’honneur de la wilaya, il y a deux ans de cela. On n’a rien à se reprocher de ce côté. Notre conscience est tranquille, car nous avons servi loyalement ce club pour éviter sa mis en écart.
On vous accuse aussi d’avoir endetté le club malgré les subventions locales qui avoisinent, en trois ans, les 1 milliard 300 millions de centimes. Que répondez-vous à cela ?
Non, ce chiffre est archi-faux et je le démens formellement. Ils disent qu’on a reçu cette somme pendant 3 ans. Nous tenons à affirmer publiquement que pendant notre mandat olympique (2009/2012), l’APC de Fréha nous a débloqué environs 850 à 900 millions de centimes, pas plus. Pendant notre mandat, les sections de football et de volley-ball de notre club étaient toujours prises en charge avec les moyens qu’on avait. Nous avons géré les affaires du club, pendant notre mandat, avec cette somme citée. Certes, on n’a pas payé certains joueurs, l’année passée, car ils nous ont abandonné puis il n’y avait pas réellement d’argent, car la somme de 280 millions était insuffisante. Pour gérer un club, il faut plus d’argent. La restauration, l’équipement de toutes les catégories… coûtent chers. À ceux qui nous accusent d’avoir détourné ou voler de l’argent, on leur dit qu’on a la conscience tranquille et le club existe toujours, grâce à notre intervention à la dernière minute.
Le Conseil Communal du sport vous accuse aussi d’avoir tenu, en catimini, et du surcroit, illégalement les deux AG du club en août dernier. Peut-on avoir des explications à cela ?
Non, ce n’est pas vrai. On rejette formellement ces accusations abusives. Premièrement, on a tenu l’AG Ordinaire le 18 août, où les deux bilans moral et financier ont été validés par les membres de l’AG présents, comme le prouve le PV de la DJS.
Ensuite, nous avons tenu l’AGE le 26 août, soit une semaine après, comme le stipule le règlement. Nous précisons qu’on n’a pas fermé les portes du club, qui appartient à toute la commune de Fréha. Nous précisons également que le CCS n’a pas le droit de s’ingérer dans les affaires du CSA et de nous demander des comptes, chaque mois. De point de vue de règlement, seule l’AG a le droit. On a été élu par la voie de réglementation et notre élection, la preuve, a été valisée par la DJS et Dieu merci. Nous tenons à annoncer exclusivement sur votre journal notre démission à la tête du club.
Donc, vous allez remettre officiellement votre démission ?
Effectivement, puisque réellement c’est nous le problème, comme ils le prétendent, on va partir et laisser le club. On va remettre officiellement notre démission, ce vendredi, 11 janvier, et les portes du club sont largement ouvertes pour ceux qui veulent se porter candidats.
On vous laisse le soin de conclure
Nous souhaitons bonne chance à nos successeurs et on espère qu’ils réussiront à renaître le club de ses cendres.
De notre part, et avec les moyens mis à notre disposition, on a pu géré le club. Nous sommes fiers d’avoir bien servi ce club et assuré son existence à ce jour, malgré toutes les difficultés et les sacrifices consentis pour cela.
Entretien réalisé par : K. Kader

