Les agents immobiliers se plaignent de la spéculation – «L’Etat doit moraliser la profession»

Les agences immobilières, dont la mission par excellence est l’organisation des transactions, sont-elles passées de mode ? C’est, sans doute, aller trop vite en besogne que de l’affirmer. Ce qui est, en revanche, certain, c’est qu’elles sont concurrencées, déloyalement s’entend, par une faune de courtisans. Tapis à l’ombre, ces derniers sont toujours à l’affût pour leur ravir la vedette. « C’est une imposture caractérisée qui nous empoisonne la vie et qui éclabousse l’aura de notre profession », fulmine un agent immobilier établi dans la région d’Akbou. Et d’ajouter : « l’Etat doit organiser et moraliser cette profession qui s’enlise dans l’informel» Toute honte bue et toute fierté chue, les rabatteurs ne s’embarrasseraient d’aucun scrupule pour se draper de leur défroque. Celle de se faire passer pour des acheteurs ou des locataires potentiels, afin d’obtenir auprès de ces agences une moisson d’informations sur les opportunités du marché des transactions. L’agent immobilier, tout crédule qu’il est, n’y voit souvent que du feu. « De prime abord, on ne peut pas faire le distinguo entre un client en quête d’une occasion d’achat ou de location et un éventuel spéculateur. Par conséquent, toute demande d’information est satisfaite illico presto et sans condition », souligne le gérant d’une agence immobilière de Bgayet, qui confesse avoir été « abusé » plus d’une fois. Avec des renseignements pleins la musette, le courtier peut mettre en branle ses démarches auprès des propriétaires des bâtisses et des candidats à l’achat ou à la location. Enfin, le négociateur, jamais en mal de flatteries, se sucre grassement, et sur le dos de l’acheteur et sur celui du vendeur. Cerise sur le gâteau : de généreux pourboires lui sont consenties par les deux parties pour « service rendu ». D’entourloupettes en coups fourrés, les sens toujours aux aguets, ces rabatteurs n’éprouvent aucune peine à dénicher la belle affaire. La bouche à oreille aidant, des quidams qui ont pignon sur rue dans ce microcosme informel, arrivent souvent par la seule magie des GMS, à conclure des affaires juteuses. De substantiels dividendes, nets d’impôts, sont ainsi engrangés.

N. Maouche.