C’est l’hécatombe au niveau des oliveraies depuis la 2ème moitié du mois de décembre écoulé. Les chutes à partir des oliviers ne se comptent plus. Les urgences de l’EPH de M’Chedallah se retrouvent débordées avec une moyenne de 10 à 15 accidentés reçus quotidiennement au niveau de ce service. A noter que même ceux de la daïra de Bechloul sont orientés vers M’Chedallah. Lors de notre passage mardi dernier au niveau des urgences, un groupe de paramédicaux nous apprendra qu’il ne se passe pas une heure sans que la protection civile ou un véhicule particulier leur débarque un accidenté intervenant dans une oliveraie chaque jour comme nous apprenons aussi que 80% des victimes sont des femmes. La nature des blessures est identique : fractures dans diverses parties du corps, contusions et déchirures profondes de la peau. 50% de ces victimes nécessitent une évacuation vers des centres spécialisés et la plupart des blessés devient infirme. Le reste des patients est soigné sur place et rentrent chez eux quand il s’agit de blessures superficielles. Ceux qui présentent un quelconque état de choc sont gardés en salle d’observation. Dans le même service, nous apprenons qu’une femme âgée de 50 ans, originaire de Bechloul, qui est tombée d’un olivier a succombé à ses blessures lundi dernier après un bref séjour à l’hôpital. Au niveau du service de la prévention mitoyenne de celui des urgences, même si ce sujet fait objet d’âpres discussions entre un groupe de médecins, nous apprenons cependant qu’aucune campagne de sensibilisation n’est prévue à leur programme d’activités. Pourtant le fait que cette série d’accidents durant la saison de la récolte d’olives revient chaque année et provoque son lot de drames parmi les agriculteurs et leurs familles, la sensibilisation ne sera pas vaine. L’utilisation des échelles qui, à elles seules, peuvent réduire à 80% les risques de chutes d’autant plus qu’à l’heure actuelle, d’ingénieux ferronnier ont mis au point des échelles, en tubes creux, légères, efficaces et maniables, assez longues pour atteindre les cimes les plus hautes des oliviers. L’unique fait contrariant est leurs prix excessivement cher allant de 8 000DA à 10 000DA soit hors de portée de la bourse de la plupart des cultivateurs. A souligner que l’écrasante majorité de ces victimes des oliveraies ne sont même pas assurés.
Oulaid Soualah

