Après une petite lueur d’espoir qui leur a fait entrevoir une issue favorable à leur mobilisation et une éventuelle satisfaction de leurs revendications, compte tenu des négociations qu’ils ont eues, dimanche, avec le directeur général de l’entreprise, les travailleurs de l’ENIEM ne décolèrent toujours pas, et maintiennent leur mouvement de protestation.
Des négociations, qui ont duré plusieurs heures, jusque tard dans l’après-midi de dimanche dernier donc, n’ont en fin de compte abouti à rien de satisfaisant. Résultat, la grève est toujours maintenue, et les travailleurs sont plus que jamais déterminés à continuer leur mouvement. En effet, ces derniers qui attendaient beaucoup de cette rencontre avec le responsable de l’Eniem, jusque là absent et avec lequel ils allaient s’entretenir pour la première fois, sont sortis bien déçus. Les assurances qu’a tenté d’apporter leur interlocuteur ne les auraient pas satisfaits et n’ont par conséquent pas pu mettre un terme au mouvement de grève qui dure depuis 13 jours. Parmi les points qui ont été longuement débattus lors de la réunion entre les deux parties, il y a la revalorisation des salaires, principale revendication des grévistes. Un membre du collectif des travailleurs nous dira : « le directeur nous a promis de se pencher sur la grille des salaires après avoir dégager une commission qui étudiera le dossier. Ce qui ne nous a pas plu, ni rassurés, c’est le fait que cette commission ne sera dégagée qu’une fois le bilan annuel établi, c’est-à-dire le 31 mars prochain ». Notre interlocuteur précisera que par vigilance, les travailleurs ont décidé de continuer leur grève illimitée. D’autant plus qu’ayant exigé des engagements écrits de la part du responsable, les employés « ont relevé des contradictions entre ce sur quoi ils se sont entendus en réunion avec le DG, et les décision de ce dernier », nous dira-t-on. C’est ainsi, que certaines des décisions de la direction n’ont pas eu l’aval des travailleurs. « Jusqu’à ce matin (Hier Ndr), les travailleurs pensaient tous qu’ils allaient reprendre le travail. Mais en découvrant les notes affichées par le responsable, ils ont décidé à l’unanimité de ne pas interrompre la grève », nous déclare un des travailleurs. C’est ainsi qu’au lieu de reprendre leur poste, ils se sont une fois de plus regroupés dans la cour de l’usine. Les banderoles suspendues à l’entrée de l’usine, depuis le début de la grève, s’y trouvaient encore hier. Le collectif n’écarte pas d’user d’autres procédés de protestation afin de faire pression sur les responsables et obtenir gain de cause. C’est ainsi qu’a été décidée la tenue d’un sit-in, prévu pour dimanche dernier, devant le siège de la direction générale de l’Eniem à Tizi-Ouzou. Il fut, pour rappel, annulé pour cause des négociations entamées avec le directeur de l’entreprise le jour même.
Ch. T.

