Le permis de conduire à points entrera en vigueur très prochainement, c’est ce qu’a indiqué le ministre des Transports, Amar Tou, avant-hier à Alger, en marge d’une réunion ayant regroupé les directeurs des transports de wilaya relevant de son secteur. Tou a affirmé à l’occasion, que les services de son ministère s’afférent actuellement à distribuer les spécimens du nouveau document pour les différentes wilayas. « 14 wilayas ont reçu les documents relatifs au nouveau spécimen du permis de conduire », a précisé le ministre, ajoutant que « selon le programme arrêté toutes les wilayas du pays seront dotées des documents avant la fin de la semaine prochaine ». Le ministre a précisé que le lancement de cette opération dépendait d’un programme tracé par la direction de la règlementation et des affaires générales (DRAG) au niveau de chaque wilaya. Selon le ministre, il sera procédé graduellement au retrait de l’ancien spécimen, qui sera remplacé par le permis de conduire à points. Tou affirme que les nouveaux demandeurs de permis obtiendront un permis probatoire valable 2 ans, expliquant que si au bout de ces deux années, le titulaire ne commet aucune infraction, il aura droit au permis à points valide deux ou dix ans, selon la catégorie. Dans le cas contraire, autrement dit si au cours de ces deux années, une infraction a été enregistrée, le conducteur sera appelé à refaire ses classes. Le gérant d’une auto-école de Tizi-Ouzou, affirme, pour sa part que les auto-écoles de la wilaya n’ont rien reçu comme notification concernant l’intégration et les modalités d’application du permis à points. Celui-ci dispose, en fait, de 24 points. Toute infraction commise coûtera la perte de points inscrits sur le permis, pouvant aller jusqu’au retrait du permis après la perte de tous les points. C’est ce qui ressort de la rencontre, tenue vendredi dernier, entre le ministre et les directeurs de wilaya du secteur. Le conducteur en infraction pourra récupérer les points perdus en suivant une formation spéciale au niveau des centres de formation professionnelle désignés par le ministère des Transports et destinés à le sensibiliser sur les causes et les conséquences des accidents de la circulation. Cette mesure vise à « responsabiliser les conducteurs et à renforcer la lutte contre l’insécurité routière », selon le ministère des Transports. Reste à savoir si cette mesure aidera à anéantir le terrorisme routier, qui fait des ravages en Algérie. En effet, force est de constater qu’il ne se passe plus un jour sans qu’on fasse état d’un accident sur telle ou telle route à travers le pays. Les blessures et les décès causés par cette violence ne se comptent plus. Des mesures draconiennes ont été prises par le passé pour stopper l’hécatombe, mais en vain. La rigueur policière et de la gendarmerie s’est avérée insuffisante. Idem pour les campagnes de sensibilisation qui se sont multipliées ces quelques dernières années, mais qui n’ont pas apporté grand-chose dans la lutte contre ce fléau qui endeuille, chaque jour, des familles entières. Il s’est avéré en fait, que le mal est bien plus profond. Un mal que les services concernés espèrent combattre avec le permis à points, duquel on attend, en effet, beaucoup pour mettre fin à ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier.
M.O.B

