Anarchie aux urgences de l’EPH

Partager

Les urgences de l’EPH de M’Chedallah, l’un des services les plus névralgiques du secteur de la santé publique évolue dans une anarchie totale à cause d’une insoutenable surcharge quotidienne et du nombre toujours croissant de malades et d’accidentés qui affluent sans interruption, de jour comme de nuit, des quatre coins de la daïra et des régions limitrophes. La mine défaite et exténuée du personnel de ce service à cause de l’insoutenable pression se passe de tout commentaire. Continuellement, c’est la même scène qui se présente à la vue, des salles d’attente bondées de malades gémissant, des bousculades dans les couloirs, des salles de consultations et d’observation qui affichent complets… Médecins comme infirmiers ne savent plus où donner de la tête, sachant qu’en plus des malades, il faut toujours affronter les accompagnateurs qui s’affolent et perdent rapidement leur sang-froid devant l’anarchie régnante dans ce service. Il y a ceux qui cèdent à la panique et font d’incessants va et vient, d’autres se font carrément violents et exigent la prise en charge sur le champ de leurs malades, le tout dans un décor de remue-ménage où il est pratiquement impossible au médecin de se concentrer et d’établir un diagnostic approprié pour chaque patient. A titre d’exemple, rien que pour la journée du lundi dernier, nous avons constaté de visu, que les 4 médecins généralistes et la dizaine d’infirmiers ont eu toutes les peines du monde à faire face à plusieurs dizaines de malades qui ont pris d’assaut ce service dés les premières heures. Un rush qui a engendré un désordre alarmant qui durera toute la matinée, au point où un médecin, affichant une exténuation fort apparente et des traits défaits, menaça de s’en aller, vu qu’en plus des malades et des accompagnateurs agités, il lui fallait aussi garder un œil sur une équipe de paramédicaux stagiaires qui n’ont pas encore tout à fait l’expérience pour pratiquer. Ce médecin que nous avions abordé affirme que ces scènes de débordement se répètent chaque jour et que lui et ses collègues travaillent dans un climat infernal et une insoutenable pression. « Un de mes collègues a fini par contracter le diabète, à cause de ce stress permanent et cette situation malheureusement ingérable », dira-t-il. Cette situation interpelle les gestionnaires du secteur de la santé publique afin de créer d’autres structures d’accueil pour les malades, telle que la mise en service de points de garde au niveau des polycliniques, auxquelles ne manque, actuellement, qu’un renforcement en effectif, sachant que coté structures, matériels et équipements, ces polycliniques sont suffisamment dotées.  De plus, elles sont implantées dans les lieux qui enregistrent une importante démographie telle qu’Ath Mansour, Chorfa, El Adjiba, exception faite d’Aghbalou où un point de garde est assuré.  Pour conclure, disons qu’il y a urgence à ce que le service des urgences de M’Chedallah soit allégé de l’énorme masse de travail quotidienne qui l’écrase.

Oulaid Soualah

Partager