Le parking du cimetière des Chouhada Mdouha a été transformé il y a quelques mois déjà en un circuit d’auto-école sans que cela n’interpelle les pouvoirs publics qui se rendront aujourd’hui dans cette enceinte pour le dépôt d’une gerbe de fleurs à l’occasion de la célébration de la date historique du 19 mars.
Le secteur des transports va de mal en pis dans la wilaya de Tizi-Ouzou. L’anarchie qui le caractérise et qui fait endurer des pires souffrances aux citoyens n’épargne donc même plus les morts, des martyrs de la révolution nationale de surcroît. Ces derniers sont dérangés dans leur repos éternel à cause d’un laisser-aller généralisé. Cela se passe en effet, au niveau du cimetière de M’douha, au chef-lieu de la wilaya, qui regroupe des dizaines de tombes de martyrs. Sans aucun égard pour ce lieu sacré et ses illustres occupants, des responsables y ont installé un circuit d’auto-école. Et les lieux ne désemplissent pas. Chaque jour, des voitures, des moniteurs et des candidats envahissent la place et le bruit des moteurs pollue l’espace. Dans les pays qui se respectent, un cimetière est tenu propre, baigné d’une totale sérénité un réel havre de paix. Ce n’est malheureusement pas le cas à Tizi-Ouzou. Et dire qu’aujourd’hui, à l’occasion de la célébration du cessez-le-feu, coïncidant avec le 19 mars, il sera procédé à un recueillement au niveau de ce même cimetière, comme cela se fait à chaque anniversaire d’une date historique. Plus d’un diront que ces martyrs ont plutôt besoin de plus de considération durant toute l’année, en bannissant ce genre de pratique. Des pratiques qui n’honorent nullement les autorités locales et les pouvoirs publics qui doivent se pencher sur ce cas. Qui est donc derrière cette situation ? L’association des auto-écoles de la wilaya de Tizi-Ouzou dit que la décision a été prise par les responsables du secteur. Il est vrai que ces derniers font face à un manque terrible d’assiettes foncières pour installer un circuit digne de ce nom, mais aller l’implanter dans l’enceinte même d’un cimetière, relève de l’« irresponsabilité ». Cette situation n’a d’ailleurs pas laissé insensible la famille révolutionnaire, notamment les représentants de la fédération de France à Tizi-Ouzou, qui ont saisi qui de droit pour corriger cette « anomalie ». Selon cette fédération, une solution leur a été promise pour mettre fin à la situation qui porte atteinte aux valeureux martyrs de la révolution. Il est vraiment temps de réorganiser le secteur des transports dans la wilaya de Tizi Ouzou qui n’arrive toujours pas à sortir la tête de l’eau et où l’anarchie est généralisée. Cette situation dure néanmoins depuis quelques années et l’on ne peut, de ce fait, pas accabler les actuels responsables du secteur. Le marasme dans lequel se débattent les directeurs d’auto-écoles ne date pas d’hier, ces derniers n’ont cessé de multiplier les actions de rue pour réclamer un cadre adéquat afin d’exercer dignement leur métier.
M. O. B

