Des murs en ciment renversés et rompus, avec des barres de ferraille, de faible diamètrepar ailleurs, qui en jaillissent et des débris de matériaux charriés par la mer çà et là.
C’est le visage désolant qu’offre une partie du port de Tala Guilef après la tempête qui l’a dévasté le week-end dernier. Pour constater les dégâts occasionnés au port de pêche et de plaisance de Tala Guilef par cette tempête, le wali, accompagné du directeur des travaux publics, s’est rendu, sur le site, dans l’après-midi du dimanche dernier. Sur place, il dira qu’il était heureux parce qu’il n’y avait pas eu de pertes humaines. Il rajoutera que ses services attendent les conclusions du bureau d’études pour décider des suites à donner à cette affaire, car, en dehors du phénomène naturel, les causes peuvent aussi être ailleurs, allusion au non-respect éventuel des normes de construction du port. Dans un premier temps, il sera procédé à la protection du reste de la jetée, puis à l’enrochement et à la pose d’autres blocs sur la partie dégarnie, en cassant les blocs renversés et en noyant ceux qui ne peuvent l’être, en attendant les propositions des experts en la matière. La veille, les techniciens du bureau d’études LEM (laboratoire d’études maritimes) s’étaient déplacés d’Alger pour un premier constat. Une autre délégation, du même organisme, composée d’ingénieurs et plongeurs, est arrivée, en fin d’après-midi du dimanche, pour inspecter l’ensemble des infrastructures du port, tout en reconstituant, en modèle réduit, le canal à houle et refaire une simulation de celle-ci, afin de cerner le phénomène et proposer, conséquemment, des solutions de confortement. D’ailleurs, selon le directeur des travaux publics, le laboratoire a fait appel à des experts danois et français pour essayer de comprendre ce phénomène. Une dizaine de dalles de roulement et murs de garde sur une distance linéaire d’une centaine de mètres ont été renversés par la tempête qui a touché le port, non encore réceptionné de Tala Guilef, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Béjaïa. Une houle de forte amplitude, dont certaines vagues ont atteint, selon des témoins oculaires, plus de dix mètres de hauteur, a causé d’importants dégâts à ce port, dès la nuit du jeudi 14 mars jusqu’au surlendemain, samedi. Pendant près de 37 heures, les hautes vagues et les vents violents se sont attaqués à cette montagne de blocs de ciment, pesant 700 tonnes chacun, pour tasser les premiers, créant ainsi une brèche, et faire basculer les autres, un à un. Le tout s’est écroulé comme un château de cartes. La jetée, ayant eu à faire face, depuis sa réalisation en 2008, à plusieurs déchainements de la mer, n’a pu résister que 37 heures à cette houle exceptionnelle qui l’a dégarnie de sa carapace en blocs de ciment, après avoir renversé les couronnements, soulevé les dalles de revêtement en béton et favorisé l’écoulement des matériaux du filtre et du noyau vers la mer. Achevé depuis deux ans, ce port n’a pas été réceptionné pour une histoire, semble-t-il, de défenses non installées. La première pierre a été posée à la fin du premier trimestre de l’année 2007. Le port de pêche et de plaisance de Tala Guilef devait être réceptionné en 2011 et avoir une capacité de pêche de plus d’une dizaine de milliers de tonnes de poisson par an pour une soixantaine d’embarcations entre chalutiers, sardiniers et navires de pêche en haute mer, en sus de l’accueil d’une cinquantaine de navires de plaisance. Avec cette calamité il faut encore attendre pour que ce dernier soit opérationnel au grand bonheur des pêcheurs et chômeurs qui attendent, avec impatience, pour y activer.
A. Gana

