La baisse du mercure renseigne sur l’arrivée de l’hiver. Cependant, l’eau potable se fait toujours rare, et il n’est pas nécessaire d’aller loin pour le constater ; il suffit de voir les processions de femmes qui se déplacent sur des trajets qui donnent froid au dos, pour se procureur un jerrican pour l’usage quotidien des foyers. Et quand on sait la géographie de cette commune qui est au pied du Djurdjura, on ne peut s’empêcher de s’interroger si le ventre d’une montagne peut être sec. La réponse est sans doute négative, et est à chercher plutôt dans la mauvaise gestion du réseau AEP, s’il mérite déjà ce titre de réseau. Au déséquilibre entre les villages, s’ajoute le mauvais captage des sources, à l’instar de la source principale de Tabburt Lanser. Dans ce chapitre, des forages ont été réalisés en grande pompe, et on a même fait savoir à la population que l’eau était à flot ; mais le résultat, au grand malheur de cette population, n’est autre que l’abandon de ces forages, pour ainsi livrer la commune à la sécheresse et la soif éternelles. Les propriétaires de tracteurs tirent ainsi leur épingle du jeu en cumulant demande sur demande, pour les citernes d’eau contre 600 ou 700 DA. L’image qu’un passager dans les rues d’Assi Youcef aura à garder de son passage, sera sans doute celle de femmes de tout âge portant sur le dos des jerricans d’eau, ou à dos d’âne, parfois sur des kilomètres, quelque soit le temps qu’il fait. Qu’il vente ou qu’il pleuve, cette image est éternelle pour certains villages plus que d’autres. Toujours est-il, que les citoyens, les femmes particulièrement, gardent encore espoir de voir un jour, cette situation appartenir au passé, mais le présent est, et -hélas toujours là à démentir tout optimisme.
Salem Amrane
